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Nouveau monde. 2018, l’annus horribilis de Facebook

2018 aura été une année noire pour Facebook. Elle se termine comme elle a commencé : par une affaire de fuite de données.

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Le \"f\" de Facebook est redressé par un personnage.
Le "f" de Facebook est redressé par un personnage. (JOEL SAGET / AFP)

"Facebook a failli à protéger la vie privée de ses utilisateurs". Tel est, en résumé, le motif de l’action judiciaire que le procureur général de Washington, Karl Racine, vient de déclencher contre Facebook. La plainte dénonce le  "laxisme" du réseau social et "des paramètres de confidentialité trompeurs". À l’origine de ces poursuites : la fameuse affaire Cambridge Analytica. D’autres faits pourraient être inclus ultérieurement.

Une succession de mauvais coups

Pour Facebook, les ennuis commencent, en fait, dès 2017 avec les révélations concernant de possibles manipulations en provenance de la Russie touchant la campagne présidentielle américaine.

Ensuite, tout s’enchaîne :

Mars 2018 : l’affaire Cambridge Analytica éclate. Un ancien employé de cette entreprise britannique de profilage révèle comment des millions de comptes Facebook auraient été récupérés et – peut-être – utilisés pour peser, là encore, sur l’élection américaine, au point de favoriser l’accession au pouvoir de Donald Trump.


Avril 2018 : le jeune PDG, Mark Zuckerberg, est sommé de s’expliquer publiquement, au cours d’une audition tendue au Congrès Américain, puis, en mai, devant le Parlement Européen.


Septembre 2018 : Facebook annonce que 50 millions de comptes utilisateurs dont été piratés à cause d'une qu’une faille de sécurité dans le code informatique de la plateforme.


Octobre 2018 : deux millions d’Européens auraient quitté Facebook depuis le début de l’année.


Novembre 2018 : une polémique éclate aux États-Unis parce que Facebook a fait appel à une agence de relations publiques aux pratiques contestées, Definers, qui aurait diffusé de fausses informations afin de discréditer les détracteurs du réseau social. Ajoutons à cela des attaques contre l’algorithme, accusé de jouer contre le camp républicain ou encore de favoriser la propagation des fausses nouvelles.


Décembre 2018 : une enquête du New York Times révèle que des accords commerciaux un peu trop laxistes auraient permis à 150 entreprises, parmi lesquelles Netflix, Microsoft ou Spotify, d’accéder à un large spectre de données utilisateurs. Parallèlement, le procureur de Washington ouvre une enquête sur le dossier Cambridge Analytica.

Et maintenant ?

Les événements de l’année auront clairement déclenché une crise de confiance à l’égard du réseau social et sérieusement écorné son image. En 2019, Mark Zuckerberg passera-t-il la main, comme le souhaitent une partie des dirigeants de l’entreprise ? Après le temps médiatique et politique de 2018, un temps judiciaire va, en tout cas, s’ouvrir en 2019. Malgré son apparente toute puissance, Facebook risque de payer très cher une forme d’irresponsabilité et d’inconscience, voire d’abus de confiance à l’égard de ses 3,2 milliards d’utilisateurs.

Le \"f\" de Facebook est redressé par un personnage.
Le "f" de Facebook est redressé par un personnage. (JOEL SAGET / AFP)