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Micro européen. Le gaz russe, dialoguer avant tout

La dépendance de l’Europe face au gaz russe va-t-elle occulter les sanctions et faire se renouer un dialogue avec Moscou ?

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Le \"Castoro 10\" entame la construction du gazoduc de 1.230 kilomètres, Nord Stream 2 (du russe Gazprom), le 16 août 2018, aux large des côtes allemandes près de Lubmin sur la mer Baltique. 
Le "Castoro 10" entame la construction du gazoduc de 1.230 kilomètres, Nord Stream 2 (du russe Gazprom), le 16 août 2018, aux large des côtes allemandes près de Lubmin sur la mer Baltique.  (SEAN GALLUP / GETTY IMAGES EUROPE)

La dépendance de l’Europe face à l’énergie russe, dans le futur, devrait remettre en cause les sanctions européennes contre la Russie.

Entretien avec Alexandra Kamenskaya, journaliste russe, ancienne directrice de l’Agence RIA Novosti à Paris, elle est la fondatrice de l’Association "Sneige", l’association pour le rapprochement des peuples en froid, qui milite en faveur de la force de la communication entre personnes pour faire fondre les idées reçues et rapprocher les peuples en mal de liens afin de réfléchir et d’agir dans le sens d’un vivre ensemble moins idéologisé, où la dimension humaine redonnerait de la chaleur aux relations internationales.  

Les sanctions de l’Union européenne envers la Russie

Ces sanctions n’ont pas eu l’effet escompté, tant les Russes se sont adaptés à ces sanctions, quelquefois les dépassant, en créant en Russie ce que l’Europe ne lui exporte plus. 

Pour exemple, dans l’agroalimentaire, un ancien ingénieur a décidé de fabriquer du fromage "à la française" dans la région de Moscou. Il connaît un certain succès en Russie et vient de recevoir en France la reconnaissance du monde fromager. Sans parler des producteurs de fromage français qui se sont installés en Russie.

Une Russie incontournable

Les réserves de gaz russe sont incomparables, le prix défie toute concurrence et en plus des deux gazoducs du nord de l'Europe, North Stream 1 et North Stream 2, un troisième est en construction au sud de l'Europe, Turk Stream, un partenariat entre la Russie et la Turquie, faisant oublier le projet South Stream qui avait été bloqué par l'Union européenne naguère, sous l'impulsion de Washington.

Ainsi, la question énergétique du gaz est un dossier clos concernant les besoins de gaz en Europe. La Russie devient incontournable bien loin devant la Norvège et l'Algérie aussi fournisseurs de gaz, mais moins compétitifs.

Reste à l'Union européenne d'admettre qu'à moyen terme, seule la Russie pourra subvenir aux besoins en gaz des Européens, ce qui ne fait pas du gaz une "arme" pour les Russes mais une réalité géopolitique.

En attendant les élections en Ukraine  

Si l'Ukraine est à l'origine des sanctions européennes contre Moscou, les élections présidentielles de fin mars et début avril 2019 en Ukraine verront quel candidat aura été choisi par les Ukrainiens, ou la seule candidate, l'éternelle Ioulia Tymochenko. Rien ne dit que le résultat sera au goût de Bruxelles et pourrait coïncider avec celui des élections européennes du printemps 2019.

Dans tous les cas, il est évident que l'Union européenne devra repenser la question des sanctions envers Moscou, et la question du gaz serait un bon début pour renouer le dialogue avec La Russie, qui sait qu'il vaut mieux observer et attendre.

Réalité humaine

 De toute façon il faudra toujours compter avec le gaz russe, car le froid et l'hiver n'évitent jamais la majorité des états membres de l'Union européenne...    

Le \"Castoro 10\" entame la construction du gazoduc de 1.230 kilomètres, Nord Stream 2 (du russe Gazprom), le 16 août 2018, aux large des côtes allemandes près de Lubmin sur la mer Baltique. 
Le "Castoro 10" entame la construction du gazoduc de 1.230 kilomètres, Nord Stream 2 (du russe Gazprom), le 16 août 2018, aux large des côtes allemandes près de Lubmin sur la mer Baltique.  (SEAN GALLUP / GETTY IMAGES EUROPE)