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"Dalva" : film lumineux et subtil sur l'inceste

Les sorties cinéma de la semaine avec Thierry Fiorile et Matteu Maestracci. "Dalva" d'Emmanuelle Nicot et "Eternal Daughter" de Joanna Hogg.
Article rédigé par Thierry Fiorile, Matteu Maestracci
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 8 min
Photo du film "Dalva" d'Emmanuelle Nicot (STEPHANIE BRANCHU / DIAPHANA DISTRIBUTION)

Dalva, c'est le prénom d'une jeune fille de 12 ans, victime d'inceste. Et le film commence dans le fracas d'une descente de police, dans laquelle on retrouve le personnage principal, dans une relation incestueuse avec son père. Celui-ci l'habille comme une femme adulte, la sexualise, et Dalva sous emprise est dans un très fort déni. Elle se voit placée dans un foyer, avec des rapports conflictuels avec les autres jeunes, les éducateurs, mais elle se montre aussi inadaptée dans les familles d'accueil chez qui elle s'installe.

C'est le premier long-métrage de la réalisatrice et scénariste belge Emmanuelle Nicot, qui pour se documenter a notamment visité un centre pour enfants maltraités, dans l'ouest de la France.

Un sujet fort, de société, sombre aussi, pour ne pas dire plombant, sur le papier, mais justement ne vous fiez pas aux apparences, Dalva c'est une histoire qui laisse entrer de la lumière, celle d'un espoir, d'une réadaptation. Certains passages du film, très simples en soi, sont magnifiques. Dans le rôle-titre, la jeune Zelda Samson, actrice non professionnelle, est extraordinaire, Alexis Manenti, de la bande Kourtrajmé, qui avait eu un César pour Les Misérables, est très bien aussi
et Dalva est véritablement notre coup de cœur des sorties de la semaine.

Eternal Daughter de Joanna Hogg

Réalisatrice découverte sur le tard en France, quand l'année dernière sont sortis les deux volets de son dyptique The Souvenir, cinéaste de l'intime, esthète aux images souvent mélancoliques, Joanna Hogg livre un récit très personnel : une femme, réalisatrice, s'installe pour quelques jours avec sa mère, dans un hôtel du pays de Galles  où cette vieille dame a des souvenirs. Et c'est Tilda Swinton qui réalise la performance de jouer les deux personnages, avec tellement de virtuosité  qu'on en oublie qu'une seule actrice incarne la mère et la fille.

Rarement la complexité de la relation mère-fille n'a été aussi bien traitée au cinéma  et Joanna Hogg a eu l'intelligence d'utiliser les codes du film de fantômes pour son récit : la brume dans le parc de cette bâtisse qui paraît hantée, les craquements des boiseries, les couloirs déserts, le personnel étrange, c'est très réussi, Joanna Hogg évoque ce choix et sa complicité avec Tilda Swinton.

En plus de Eternal Daughter, sorti mercredi, quatre films précédents de cette cinéaste à découvrir, seront en salles la semaine prochaine.

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