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Le mot de l'éco. L’engrenage de la guerre commerciale

Donald Trump a mis son protectionnisme en pratique. Dans l’idée de réduire le déficit commercial des Etats-Unis, la Maison Blanche a augmenté les droits de douanes sur l’acier et l’aluminium. 

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De gauche à droite : Jens Stoltenberg, Secrétaire général de l\'Otan, Angela Merkel, la chancelière allemande, le président des Etats-Unis, Donald Trump et le Premier ministre grec Alexis Tsipras, réunis pour le sommet de l\'Otan, à Bruxelles (Belgique) le 11 juillet 2018.
De gauche à droite : Jens Stoltenberg, Secrétaire général de l'Otan, Angela Merkel, la chancelière allemande, le président des Etats-Unis, Donald Trump et le Premier ministre grec Alexis Tsipras, réunis pour le sommet de l'Otan, à Bruxelles (Belgique) le 11 juillet 2018. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Dans l’idée de réduire le déficit commercial des Etats-Unis, la Maison Blanche a donc augmenté les droits de douanes sur l’acier et l’aluminium. L’Europe et la Chine ont répondu par des mesures de rétorsion, entraînant à leur tour une surenchère américaine.

Un engrenage qui risque de ne faire que des perdants

À la hausse des droits de douanes sur l’acier et l’aluminium, l'Union européenne a répondu par des surtaxes sur les jeans, le bourbon, le jus d'orange ou encore les motos "made in usa". La Chine a décidé d'appliquer des taxes de 25% sur toute une gamme de produits américains, en ciblant principalement le secteur agricole.

L’engrenage est bel et bien enclenché : Washington promet une nouvelle salve de mesures, applicables dès septembre, sur près de 200 milliards de produits chinois. Donald Trump menace même de taxer à terme la quasi-totalité des importations en provenance de Chine, soit près de 500 milliards de marchandise. L’Europe risque elle aussi de ne pas être épargnée avec une possible hausse de 25% des droits de douanes sur son secteur automobile.       

Les marchés fébriles  

La logique désormais, c'est œil pour œil, dent pour dent. Chaque mesure de rétorsion entraînant une réponse encore plus forte. Et avec elle, un risque de déstabilisation de l’économie mondiale. La Commission européenne vient d’ailleurs de revoir ses prévisions de croissance à la baisse. Les marchés financiers montrent des signes de nervosité. Les indices boursiers jouent au yoyo. L'été pourrait être très agité sur les places financières.    

Une guerre commerciale qui ne fera que des perdants. D'abord, elle ne règle en rien les questions de distorsions de concurrence, de propriété intellectuelle ou de pillage technologique. Le protectionnisme de Donald Trump n'est pas la réponse aux excès de la mondialisation.  

La guerre commerciale risque effectivement de coûter cher à tous les belligérants

En France, le Conseil d'analyse économique a travaillé sur plusieurs scénarios : dans le plus extrême, celui d'une guerre commerciale totale. L'impact serait comparable à celui de la crise de 2008. Pas le scénario le plus probable, mais pas impossible non plus, estiment les auteurs de ce rapport. Ils calculent que la France pourrait voir son PIB reculer de 3%. Ce qui se traduirait par une perte de près de 1200 euros par an pour les ménages français.  

De gauche à droite : Jens Stoltenberg, Secrétaire général de l\'Otan, Angela Merkel, la chancelière allemande, le président des Etats-Unis, Donald Trump et le Premier ministre grec Alexis Tsipras, réunis pour le sommet de l\'Otan, à Bruxelles (Belgique) le 11 juillet 2018.
De gauche à droite : Jens Stoltenberg, Secrétaire général de l'Otan, Angela Merkel, la chancelière allemande, le président des Etats-Unis, Donald Trump et le Premier ministre grec Alexis Tsipras, réunis pour le sommet de l'Otan, à Bruxelles (Belgique) le 11 juillet 2018. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)