OTAN : Donald Trump menace de ne pas défendre les mauvais payeurs contre une attaque de la Russie

En campagne pour sa réélection, Donald Trump s'en prend une nouvelle fois à l’OTAN. Le candidat républicain a évoqué la possibilité, en cas d'attaque de la Russie, de ne plus défendre les pays de l'Alliance dont la contribution financière est insuffisante.
Article rédigé par France Info, Isabelle Labeyrie
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Donald Trump, lors d'un meeting en Caroline du Sud, le 10 février 2024. (RANDALL HILL / EPA)

Le président américain Joe Biden dénonce des propos "affligeants et dangereux". C'était samedi 10 février, dans un meeting de campagne en Caroline du Sud. Comme souvent, Donald Trump rapporte, au style direct, l'échange qu'il aurait eu avec un dirigeant d'un pays membre de l'OTAN lorsqu'il était président. "Ce dirigeant m'a demandé : si on ne paye pas, mais que nous sommes attaqués par la Russie, est-ce que vous nous défendrez ? J'ai répondu : non, je ne vous protégerai pas. En fait, je les encouragerais à faire ce qu'ils veulent. Il faut d'abord payer, payer vos factures... Et là, l'argent s'est mis à couler à flots !

C'est ainsi que Donald Trump se vante d'avoir fait pression sur les pays membres de l'alliance pour qu'ils augmentent leur budget de défense. Tous sont censés y consacrer au moins 2% de leur produit intérieur brut. C'est vrai que leur participation augmente d'année en année, mais en 2022 seuls sept pays sur 31 atteignaient ce montant, dont évidemment les États-Unis, pilier du groupe - qui dépensent plus que tous les autres membres réunis. La France, elle, n'avait pas encore atteint ce seuil.

Un feu vert à Vladimir Poutine ?

Ceci dit, c'est une habitude pour Donald Trump de critiquer l'OTAN. À plusieurs reprises, déjà, il a menacé de sortir de l'alliance s'il revenait à la Maison-Blanche. Mais dire qu'il ne fera rien contre la Russie en cas d'attaque, ça signifie s'asseoir sur l’article 5 qui prévoit la solidarité automatique des États membres en cas d’agression. Cela revient à donner un feu vert à Vladimir Poutine.

Aux États-Unis, le camp républicain cherche à minimiser la portée de cette nouvelle déclaration.

Le sénateur Marco Rubio, par exemple, explique que l'ancien président ne parle jamais "comme un politicien traditionnel"... En gros, qu'il ne faut pas s'appesantir.

La sécurité de l'Europe en danger

Mais les principaux concernés, eux, sont plus inquiets. Le secrétaire général de l'OTAN dénonce des propos qui laissent présager des relations difficiles avec Washington si le candidat républicain accède à la Maison-Blanche. Des propos, dit Jen Stoltenberg, qui "sapent la sécurité de l'Europe" en exposant particulièrement la Pologne et les Pays Baltes alors que l'alliance conduit en ce moment même en Norvège son plus grand exercice depuis la guerre froide, Steadfast Defender 2024, des manœuvres destinées à préparer un conflit de haute intensité sur son flanc est, dont la menace se rapproche chaque jour davantage.

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