Le Venezuela va retirer six zéros à ses billets de bolivars pour lutter contre l'inflation

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L’hyper inflation au Venezuela vient de pousser le gouvernement à retirer six zéros à sa monnaie, le bolivar. Cela fait maintenant plusieurs années que le pays est confronté à ce problème avec un inflation qui bat des records.

Article rédigé par
Nathanaël Charbonnier - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Des billets en bolivar à Caracas au Vénézuéla. Photo d'illustration. (FEDERICO PARRA / AFP)

L'inflation au Venezuela s’est élevée en 2020 à près de 3 000 %. C’est-à-dire qu'une baguette de pain, entre le début et la fin de l’année, coûtait 30 fois plus cher. Conséquence : pour payer il faut de plus en plus de billets et surtout des billets de plus en plus gros. Une baguette ou un café ne coûtent pas un ou deux bolivars comme en France où on achète une baguette ou un café avec un euro ou deux euros. Au Venezuela, il faut dépenser un ou deux millions de bolivars. c’est comme si votre baguette ou votre café valait un ou deux millions d’euros. Autant dire que la vie est impossible. Il faut des liasses et des liasses de billets pour acheter trois fois rien. La monnaie ne suit pas et il faut sans cesse créer de nouveaux billets pour arriver à effacer cette hyperinflation.

La solution : avoir des dollars

L’une des solutions c’est d’avoir des dollars, c’est l’autre monnaie du pays qui sert à payer. Si vous allez au restaurant par exemple, quand vous allez vouloir payer on va vous apporter une addition en bolivar et comme elle va s’élever à des millions et des millions de bolívars. Vous ne pourrez pas la régler. Vous allez alors demander à la payer en dollars. Á ce moment-là le restaurateur va partir pour faire la conversion en dollar au taux du jour puis il va revenir vers vous avec une note de 18 dollars par exemple qu’il faudra régler avec des petites coupures car évidemment comme le dollar n’est pas la devise officielle, il y a très peu de monnaie. Payer sa note au restaurant peu prendre pas mal de temps, sans compter qu’un repas dans un restaurant pour occidentaux peut représenter un mois de salaire pour les personnes les plus pauvres.

Les Vénézueliens excédés de la situation

Les Vénézueliens n’y arrivent pas et fuient le pays.  Quand vous allez à la frontière avec la Colombie, vous les voyez passer par milliers et tous vous racontent la même chose : après avoir vendu leurs bijoux, leurs meubles, leurs voitures, ils quittent le Venezuela sans rien à la recherche d’un monde meilleur, ailleurs en Amérique du Sud.

La ville de Cucuta en Colombie à la frontière avec le Vénézuéla d'où fuient des millions de vénézueliens.  (NATHANAEL CHARBONNIER / RADIO FRANCE)


L'objet témoin c'est ce porte-monnaie fabriqué et tissé avec des liasses de millions de bolívars. C'est une Vénézuélienne  qui les fabriquait et les vendait pour ce faire un peu d’argent. C'est dire le peu de valeur de la monnaie vénézuelienne.

Un porte-monnaie fabriqué avec des billets en bolivars au Vénézuéla. (NATHANAEL CHARBONNIER / RADIO FRANCE)

 

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