Afghanistan : au G7, Joe Biden sous pression

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Les pays du G7 se réunissent mardi 24 août pour faire le point sur les évacuations en Afghanistan. Les Américains sont particulièrement sous pression, pris en tenaille entre leurs alliés et les talibans.

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Radio France
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Joe Biden, président des Etats-Unis, lors d'un discours sur la situation en Afghanistan à la Maison Blanche à Washington, le 22 août 2021. (SAMUEL CORUM / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Le G7 tient une réunion virtuelle mardi 24 août pour parler de l’Afghanistan, des évacuations et "convenir d'une approche à long terme". Lors de cette réunion des grandes puissances, les États-Unis et Joe Biden seront particulièrement sous pression. Le retrait d’Afghanistan et les images chaotiques de l’aéroport de Kaboul marquent le premier gros échec de la présidence Biden à l’international. Dès le début des évacuations, le président démocrate a été décrié. Rappelez-vous, le moment où les États-Unis ont commencé à exfiltrer leurs ressortissants, le monde entier a comparé la situation à Saïgon, échec historique des États-Unis au Vietnam, symbole d’un départ précipité désorganisé

En Afghanistan, plus les jours passent, plus la pression s’accentue sur les Américains. Ils sont accusés d’avoir mal évalué et mal organisé le départ des civils. Cette pression vient surtout de leurs alliés européens. Les États-Unis l’ont visiblement oublié mais la majorité des troupes étrangères présentes au début du retrait occidental étaient des soldats européens et turcs de l’Otan. Et Lorsque Biden a annoncé la date du 31 août pour un retrait total, il l’a fait tout seul, sans vraiment consulter ses alliés. Les Allemands, les Turcs, les Italiens et les Britanniques ont bien tenté de demander un prolongement, il y a des mois, mais sans succès. Le résultat est là : désastreux, catastrophique et humainement insoutenable. "La plus grande débâcle pour l’Otan depuis sa création", estime l'Allemagne.

Mardi 24 août, les pays du G7 vont redemander à Joe Biden un report du départ des forces américaines. Le président américain le sait. Il s'est donné 24 heures pour réfléchir. Les talibans l'ont déjà prévenu qu'ils n'accepteraient pas que les États-Unis restent au-delà du 31 août et menacent de "conséquences".

Une cote de popularité en baisse

Aux États-Unis aussi, cette débâcle est mauvaise pour l'image de Joe Biden. Un sondage de la chaîne NBC News montre que la côte de popularité de Joe Biden chute sous la barre des 50%. Une première depuis qu’il a pris ses fonctions en janvier. Une cote de popularité plombée également par le Covid. Sur la question de l’Afghanistan, seuls 25% des Américains approuvent sa façon de gérer la crise.

Le retrait d’Afghanistan intervient au mauvais moment pour Joe Biden. Lui qui avait promis une présidence stable et un leadership professionnel et réfléchi, comparé à son prédecesseur Donald Trump, se retrouve malmené. Au niveau intérieur, il espérait arriver devant le Sénat plein de confiance pour faire adopter un programme national ambitieux. Le voilà fragilisé.

Si la situation en Afghanistan contrarie les plans nationaux de Joe Biden, elle ternit aussi son image à l’étranger, au-delà de ses alliés, lui qui voulait se concentrer sur la Chine, sa grande rivale. L’un des enjeux de ces prochaines années, voire des prochains mois, sera Taïwan. Pékin veut prendre le contrôle de l’île, Washington s’y oppose. Mais vu la débâcle en Afghanistan, les États-Unis ont perdu pour l’instant beaucoup de crédibilité.

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