Janna Jihad, la jeune activiste palestinienne qui raconte l'occupation israélienne sur les réseaux sociaux

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Dans le club des correspondants, franceinfo passe les frontières pour voir ce qui se passe ailleurs dans le monde. Direction la Palestine où franceinfo a rencontré une adolescente engagée, soutenue par Amnesty International.

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Radio France
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Janna Jihad dans les locaux d’Amnesty International à Ramallah. (FRÉDÉRIC MÉTÉZEAU / RADIO FRANCE)

Sweet-shirt noir estampillé du logo de son lycée, pantalon de survêtement, un cartable beaucoup trop lourd pour sa constitution menue et le smartphone à la main, Janna Jihad, 15 ans, nous attend à la sortie de son école, à Ramallah, en Cisjordanie. C'est l'heure des embouteillages et de l'appel à la prière du muezzin. "Les plus anciens souvenirs ce sont tout simplement les forces d'occupation israéliennes qui pénètrent dans ma maison au milieu de la nuit... Ou bien voir des gens que j'aimais, tués devant moi. Mon cousin Mustapha tué à cinq ans devant moi, mon oncle Djihad qui avait 6 ans", raconte l'adolescente palestinienne dont l'activisme sur les réseaux sociaux a été mis en lumière par Amnesty International.

Janna a reçu des menaces

Fille d'un homme d'affaires et d'une fonctionnaire des affaires sociales tout deux très engagés, Janna diffuse ses vidéos depuis l'âge de sept ans et raconte les difficultés quotidiennes : "Je me réveille régulièrement à cause du bruit des grenades lacrymogènes tirées devant ma fenêtre ou bien les descentes de nuit de l'armée quand les soldats israéliens forcent la porte de chez moi me forçant avec ma famille à nous réveiller. Ils font ça dans toutes les maisons du village même pour n'arrêter qu'une seule personne ! Sur le chemin de l'école, j'ai régulièrement des barrages israéliens et au lieu d'arriver à l'école en 30 minutes maximum, ça me prend jusqu'à trois heures et même plus parfois."

Si Amnesty International a décidé de parrainer Janna Jihad, c'est parce qu'elle a reçu des menaces. Il y a quatre ans, le ministère israélien des Affaires stratégiques l'avait considérée comme "une menace" pour le pays. Son histoire avait été racontée sur la chaîne de télévision la plus regardée en Israël : "J'ai été menacée par de sionistes qui disaient : 'Ta maison est là, là c'est ton école, là c'est ton chemin pour aller à l'école. On peut venir te tuer n'importe quand'. Parfois j'ai peur mais en tant que Palestiniens nous devons contrôler nos peurs et ne pas laisser nos peurs nous contrôler."

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Janna aimerait étudier la science politique à Harvard, l'université américaine. L'adolescente veut défendre la cause palestinienne mais regrette que le gouvernement de Ramallah soit, dit-elle, "corrompu". Janna est aussi une jeune fille comme les autres : "J'aime dessiner et peindre. J'apprends à jouer du ukulélé, de la guitare et du piano. J'aime le rock indépendant, j'adorerais voyager partout dans le monde." Elle aimerait se baigner dans la mer Méditerranée. Du toit de sa maison dans son village de Nabi Saleh, Janna voit la côte israélienne à 30 minutes de là. Elle n'y est jamais allée.

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