La sonde BepiColombo s’apprête à survoler Mercure

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Un rendez-vous scientifique important vendredi 1er octobre pour les équipes spatiales européennes et japonaises. La sonde BepiColombo qu’ils ont envoyée pour survoler Mercure sera pour la première fois à 200 kms de son objectif. 

Article rédigé par
Anne Le Gall - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
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La sonde BepiColombo. (ESA / MAXPPP)

C’est une étape très attendue dans un voyage compliqué qui a démarré il y a trois ans, en octobre 2018. Car pour aller sur Mercure, à 92 millions de kilomètres de la Terre, il est impossible d’envisager une trajectoire directe. Il a fallu faire de grande boucles et opter pour un stratégie d’approche beaucoup plus longue.

Mercure est une petite planète -  trois fois plus petite que la notre -  et surtout, c’est la plus proche du Soleil. Si on envoyait une sonde à pleine vitesse tout droit vers elle, cette sonde risquerait d’être capturée par la gravité du Soleil et raterait sa cible : elle n’arriverait pas à se détourner pour se placer en orbite autour de Mercure car l’attraction du Soleil est telle que c’est comme si on essayait de ralentir une voiture en roue libre dans une pente. Seule option donc : faire des détours, pour ne pas être aimanté par le Soleil.

Impossible d’utiliser les propulseurs comme seuls freins, car cela consommerait trop de carburant. La solution c’est donc d’arriver moins vite et d’utiliser l’attraction gravitationnelle de planètes voisines – Venus notamment – pour s’approcher peu à peu, sans consommer trop de carburant. C’est pour cela que pour atteindre la mystérieuse Mercure, il faut faire de grandes boucles dans l’espace pendant sept ans. C’est pour cela aussi que même si BepiColombo réussit son premier rendez-vous vendredi soir, cette sonde ne se mettra véritablement en orbite autour de Mercure qu’en 2025, parce qu’il faudra encore plusieurs manœuvres d’approche. Le mathématicien qui a le premier théorisé ce type de trajectoire dans l’espace s’appelait Giuseppe Colombo, d'où le nom de cette sonde.

Mercure peut nous apprendre les origines du système solaire

Mercure est une planète que l'on connaît mal. Jusqu’ici, deux sondes américaines seulement l’avaient approchée, d’abord en 1974 puis en 2011. On sait que c’est une planète rocheuse comme la terre, recouverte de poussière et de cratères comme la Lune, et qu’il y fait très chaud : 167°C en moyenne. Mais certaines zones sont a priori glacées, ce qui intrigue. Comme évidemment sa proximité avec le Soleil. En fait Mercure est un objet d’étude précieux car en scrutant sa composition, les gaz et les champs magnétiques qui l’entourent, les scientifiques espèrent découvrir un peu mieux les origines du système solaire.

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