Qui était Jehan Ango ? Visite du magnifique manoir d'Ango et de son beau colombier en Normandie

Tous les weekends cet été, franceinfo vous emmène à la découverte de "La France secrète". Des anecdotes, des histoires cachées ou mystérieuses, des personnalités étonnantes, qui ont marqué ou transformé un lieu.
Article rédigé par France Info - Philippe Gloaguen
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min
Le Manoir d'Ango à Varengeville-sur-Mer en Normandie et la magnifique architecture de son colombier. (DEA / G. DAGLI ORTI / DE AGOSTINI EDITORIAL VIA GETTY IMAGES)

Une nouvelle visite en Seine-Maritime, dans ce nouveau numéro de La France secrète, avec Philippe Gloaguen, directeur du Guide du routard. Aujourd’hui, il nous fait voyager en Normandie, à Varengeville-sur-Mer, où se trouve le manoir d'un certain Jehan Ango, armateur dieppois, corsaire et ami de Francois 1er.

Le voleur volé

En 1522, le conquistador Cortès déroba le fabuleux trésor de Moctezuma, le dernier empereur aztèque. Il remplit trois caravelles destinées à Charles Quint. Mais tout cet or fut ensuite intercepté en mer, par le grand armateur dieppois Jehan Ango, corsaire et ami de François 1er.

Cette fabuleuse capture, sera l'une des plus importantes de l'histoire maritime. Le trésor comprenait une émeraude en forme de pyramide, dont la base avait la taille d'une main, des bijoux en or, de la vaisselle en argent, des pierres précieuses, des fourrures splendides, des parures en plumes multicolores. Cet acte de piraterie fera la fortune d'Ango. Et Charles Quint fera une sacrée soupe à la grimace.

L'un des premiers sites classés monuments historiques en France

Ango, le milliardaire en écus, se fit bâtir ce palais d'été en n’utilisant que les matériaux locaux : grès et silex. Une véritable marqueterie de pierres. Autrefois, le domaine s'étendait sur 8 000 ha, contre 28 aujourd'hui. Le clou de la visite reste sans doute le colombier, à l'époque le plus grand de France. La fiente de ces centaines de pigeons fertilisait les terres alentour. Ango a donc été à l'origine de la brouille profonde entre François 1er et Charles Quint. Mais on ne peut pas dire que François 1er et Charles Quint étaient copains, quand ils se rencontraient. Un évènement funeste le prouve.

En 1525, François 1er perdit la bataille de Pavie, en Italie. Notre roi se retrouva d'ailleurs prisonnier. La rançon était tellement énorme que la France ne put la payer. Et voilà l'humiliation suprême, François 1er se retrouve prisonnier en Espagne. Une prison dorée, mais une prison quand même. Pour libérer notre roi, Charles Quint exige en échange, et en otages, les deux fils de François 1er. À l’époque, on ne rigolait pas vraiment sur les dettes. Des notables français s'engagèrent à verser deux millions d'écus or, pour la libération des deux héritiers. 

Tout se dénoue en 1529, par le traité de Cambrai. Le dauphin François et son frère Henri retrouvent la France. Ce sera le début d'une trêve de sept ans entre les deux monarques. Quelques années après, Charles Quint renonça à toute richesse et honneur, en se retirant dans un monastère.

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