Le plus vieil arbre du monde serait un cyprès chilien âgé de plus 5 000 ans, d’après les travaux d’un chercheur au CNRS

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Cinq millénaires et demi de présence vivante sur la Terre, c’est ce dont peut se targuer ce conifère enraciné en Patagonie d’après les calculs effectués pour lui attribuer un âge. Ce qui lui fait battre de 600 ans l’actuel détenteur du record.

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Des marcheurs dans une forêt de Pantagonie. Image d'illustration. (GETTY IMAGES)

On annonce régulièrement le nom du plus vieil humain sur la Terre, son genre, sa nationalité, on s’arrête sur sa vie. Mais, en réalité, de tous les êtres vivants, les humains sont loin d’être ceux qui vivent le plus longtemps. Là-dessus, les arbres battent tout le monde à plate couture.

En témoigne cette étude menée par un chercheur au laboratoire des sciences du climat et de l’environnement du CNRS, Jonathan Barichivich, qui vient de donner un âge précis à l’arbre qui est, semble-t-il, le plus vieux du monde : 5 484 ans. Cinq millénaires et demi d’enracinement pour ce cyprès de Patagonie qui se trouve au sud du Chili, dans le parc national d’Alerce Costero. Un colosse de la même famille que les séquoias que les habitants surnomment depuis longtemps déjà : "Gran Abuelo" ("l’arrière-grand-père").

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Tout le défi était de lui donner un âge alors qu’il est encore vivant. Pour ce faire, d’ordinaire, il s’agit de compter les cernes du tronc, chacune attestant d’une année de croissance. Jonathan Barichivich a donc réalisé plusieurs prélèvements d’un mètre de profondeur dans le tronc. Sachant qu’il fait quatre mètres de diamètre, il n’a pas atteint le cœur mais il a analysé ces prélèvements et utilisé plusieurs modèles informatiques prenant en compte la taille de l’arbre ou encore sa vitesse de croissance, jusqu’à obtenir cette valeur de 5 484 ans. Une valeur non encore publiée dans une revue scientifique à prendre avec prudence, les estimations pouvant varier de dizaines, voire centaines d’années. Mais, ce qui est sûr, explique le chercheur à Euronews, c’est que cet arbre a plus de 5 000 ans, ce qui lui fait battre l’actuel détenteur du record, un pin californien âgé de 4 800 ans, soit 600 de moins.

Protéger l'arbre des visiteurs indélicats

Une longévité vertigineuse à notre échelle d’humains. Il y a 5 500 ans, c’était les débuts de l’élevage et l’agriculture, on inventait tout juste le premier système d’écriture et la roue en Mésopotamie, il y avait encore des cèdres au Liban, des forêts primaires en Europe et aucune tronçonneuse au Brésil. De quoi réaliser en creux que cet arbre, si endurant soit-il, est fragile, et qu’il faut le préserver.

Le protéger, par exemple, des centaines de visiteurs annuels qui, d’après le chercheur, non seulement piétinent ses racines mais emportent parfois des morceaux de son écorce en souvenir. D’où l’espoir d’obtenir qu’il soit classé, accessible mais sanctuarisé. Bref, respecté et estimé comme tout bon ancien qu’il est.

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