États-Unis : arrêtée pour distribution gratuite de la nourriture dans un parc, le sort d’une retraitée suscite une vague de soutien sur Twitter

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À 78 ans, Norma Thornton qui distribue des repas depuis cinq ans dans l'Arizona s’est retrouvée au poste de police et menacée de quatre mois d’emprisonnement à cause d’un décret municipal interdisant toute distribution caritative. Une histoire qui enflamme les réseaux sociaux.

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Radio France
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Photo de Norma Thornton diffusée par Institute for Justice, un cabinet d'avocats qui offre une aide juridique. (INSTITUTE FOR JUSTICE)

Elle dit qu’elle a juste fait "son devoir". À 78 ans, Norma Thornton a été arrêtée par la police parce qu’elle a distribué de la nourriture dans un parc de sa ville, la municipalité de Bullhead en Arizona. Ça fait cinq ans qu’elle fait ça, cinq fois par semaine, été comme hiver. Cuisinière de métier, elle a passé cinquante ans derrière les fourneaux de restaurants et quand elle a pris sa retraite, elle a décidé continuer à mitonner des petits plats mais de le faire pour ceux qui en ont besoin, sans juger, ni rien demander en échange.

Les distributions caritatives passibles d'emprisonnement

Elle prépare donc ses plats l’après-midi, dans sa cuisine, pour une bonne vingtaine d’assiettes, avant de se rendre au parc, de déplier sa table et d’accueillir ceux qui se présentent, "il y a des sans-abris, mais aussi des personnes qui ont un logement mais n’arrivent pas à joindre les deux bouts, travailleurs précaires, personne sâgées, mères seules". À la fin, elle récupère assiettes, couverts, gobelets, et tout ce qui doit être jeté. Et puis, le nouveau maire, à peine entré en fonction, a fait passer un décret il y a quelques mois, décret qui rend "le partage de nourriture à des fins caritatives dans les parcs passible d’emprisonnement."

Le procureur de la ville a précisé : "vous pouvez organiser une soirée pizza avec des amis, un pique-nique avec 50 personnes, même des inconnus, même toute la journée tant que votre motivation n’est pas caritative." "J’ai cru que c’était une blague", confie Norma Thornton au Washington Post. Elle a donc continué. Et puis en mars, alors qu’elle commençait sa distribution, un policier est arrivé et l’a arrêtée. Il l’a emmenée au poste, a pris ses empreintes, lui a donné sa convocation au tribunal où elle est allée et a refusé de plaider coupable, "on me dit que tout ça encourage la marginalité, mais je n’encourage pas la marginalité, j’encourage les gens à tenir le coup, à essayer de s’en sortir, à survivre".

Une action en justice pour faire annuler le décret

Le juge lui a fait un rappel à la loi, lui interdisant toute distribution sous peine de se voir infliger quatre mois d’emprisonnement. C’était en avril, mais depuis deux jours, le Washington Post a fait son portrait, et les réseaux sociaux s’en sont emparés. Elle reçoit des milliers de messages de soutien, des propositions d’aide, de dons, et hier un collectif de juristes a déposé plainte au niveau fédéral pour faire annuler ce décret municipal. Plainte que soutient Norma Thornton, parce que "nourrir les autres, c’est un geste universel de générosité, ça l’est depuis toujours, et ça ne peut pas être un crime".

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