Comparée à Mozart en 1930, la pianiste Ruth Slenczynska s’apprête à sortir un nouvel album à 97 ans

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Née en 1925 en Californie, elle a appris le piano à 3 ans et donné son premier concert à 6 ans. Après 90 ans de carrière, elle n’a jamais cessé de jouer et sa maison de disque, Decca Classics, vient d’annoncer la sortie d’un nouvel album pour le mois de mars.

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Radio France
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Ruth Slenczynska, pianiste de 97 ans, sur YouTube sur le compte de Decca Classics. (CAPTURE D'ECRAN)

C’est une prodige qui a connu ses premières heures de gloire à la fin des années 1920 aux Etats-Unis, où elle est née dans une famille d’immigrés polonais. Ruth Slenczynska avait 3 ans lorsqu’elle a appris à jouer, 4 ans pour sa première représentation, 6 ans pour son premier concert à Berlin, 11 ans quand elle a joué avec un orchestre symphonique à Paris.

Et ce week-end, pour fêter ses 97 ans, elle a annoncé la sortie d’un nouvel album, le 18 mars prochain chez Decca, My life in music, en français : Ma vie en musique.


Ruth Slenczynska, c’est cette enfant que les journaux ont baptisée dans les années trente "la pianiste la plus précoce depuis Mozart". Mais la gloire cachait une réalité violente, qu’elle a racontée dans sa biographie Enfance interdite : la domination exercée par son père. Violoniste au conservatoire de Varsovie en Pologne, il décide dès la naissance de sa fille qu’elle sera pianiste. La meilleure, la plus virtuose.

Il l’installe derrière un piano à 3s ans, et très vite, lui impose neuf heures de piano par jour. Tous les jours. Quel que soit son état. Pas le droit d’être fatiguée, ni de côtoyer d’autres enfants. Il l’enferme, lui jette des seaux d’eau glacée en cas de rébellion. Dans les plus grandes salles de concert d’Europe, les spectateurs l’acclament mais à 15 ans, le stress et les crises d’angoisse ont raison d’elle et l’obligent à quitter la scène.

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L’adolescente refuse d’être une star, elle décide de couper les ponts avec son père et de partir. Elle se lance dans des études de psychologie, obtient son diplôme, se marie, construit sa vie par et pour elle-même. Mais le piano est toujours là. Ruth Slenczynska aime jouer, alors en 1951, elle intègre l’orchestre de Boston, musicienne parmi les musiciens. Puis elle enregistre ses premiers albums, en parallèle d’une carrière de professeure. Des études de Chopin, Beethoven, Rachmaninov, qu’elle interprète encore aujourd’hui.

Après 90 ans de carrière, elle aurait pu avoir, comme nombre de pianistes, de l’arthrose, des pertes de mémoires, une lecture plus difficile des partitions, mais non, rien de tout cela, Ruth Slenczynska va très bien, cela s’entend, et elle s’en réjouit : "Une pianiste de mon âge qui sort un nouvel album ! C’est incroyable, non ?" lance à la BBC la plus jeune prodige devenue la plus capée, et sans doute, au fond, la plus en paix.

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