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Dans les coulisses du phénomène "Squid Game", une série autobiographique

Avec plus d'un milliard d'heures de visionnage à travers le monde, la série coréenne est le succès de la saison de Netflix. Une série qui, pourtant au départ, était autobiographique. 

Article rédigé par franceinfo - Laurent Valière
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 723 min
La série "Squid Game", saison 1. (NETFLIX/YOUNGKYU PARK)

Squid game, c’est une série, aussi efficace que violente, en neuf épisodes qui a passionné le monde entier. L’histoire d’une centaine de Sud-Coréens sur-endettés qui acceptent de participer à un concours mortel, entièrement composée de jeux d’enfants, pour espérer remporter une cagnotte de plusieurs millions de won

La série est dure, car elle montre des candidats qui non seulement échouent, mais sont littéralement assassinés par les mystérieux organisateurs. Une histoire inspirée de la propre vie de Hwang Dong-Hyuk, diplômé d’une université de cinéma à Los Angeles pourtant.

Hwang Dong-Hyuk était au printemps au festival Canneséries et franceinfo a pu le rencontrer 

"Quand j'ai écrit ce scénario, j'étais fauché. J'avais plein de dettes."

Hwang Dong-Hyuk

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"J'ai essayé de retirer de l'argent au distributeur, de prendre genre 10 dollars. Le distributeur a refusé. Je suis allé au guichet pour demander pourquoi il ne fonctionnait pas. Et la personne m’a a dit qu’il fonctionnait mais que je n’avais que 5 dollars sur mon compte. C'est pour ça que j'ai écrit cette histoire", explique Hwang Dong-Hyuk.

L’idée du jeu mortel est alors venue presque naturellement. "J'ai passé beaucoup de temps, des heures et des heures dans un café spécialisé dans les mangas, où j’ai passé mon temps à en lire pour tuer le temps parce que je n'avais rien à faire. Et j’ai lu beaucoup de mangas japonais qui avaient pour thème des histoires de jeux de survie, comme Battle Royale. Et puis je me suis dit : pourquoi ne pas créer ma propre version d’un film de jeu de survie ? Bon, je ne suis pas très intelligent, je ne suis pas très doué. Je crois que je ne pourrais pas survivre dans des jeux qui se déroulent dans un club, comme ça existe dans beaucoup de mangas. J'ai pensé à quelque chose de plus simple. Pourquoi pas les jeux d’enfants auxquels je jouais quand j’étais petit ?", clame Hwang Dong-Hyuk.

Au départ, il écrit un film. Il reprend les prénoms d’amis ou d’oncles pour ses personnages. Mais les studios coréens n’en veulent pas. "C'est bizarre. C'est irréaliste. C'est absurde. C'est trop violent. Donc, ce n'est pas du tout commercial. Je n'ai pas pu trouver de financement pour le film. Alors je l'ai juste mis de côté", sourit-il. 13 ans plus tard, il a l’idée de transformer le film en série. Et ça, c’est une autre histoire.

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