EDITO. Affrontements autour des "méga-bassines" de Sainte-Soline : le défi qui s'impose aux élus écologistes

La manifestation qui s’est déroulée samedi à Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres a donc dégénéré, avec un très lourd bilan, des dizaines de blessés de part et d’autre. L'édito politique de Renaud Dély.
Article rédigé par Renaud Dély
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Marine Tondelier, secrétaire nationale d'EELV, en janvier 2023. (BRUNO LEVESQUE / MAXPPP)

Tout le monde a vu et revu ces images extrêmement spectaculaires : des tirs de mortiers et de cocktails Molotov d’un côté, des grenades lacrymogènes et de lanceurs de balles de défense de l’autre. Et des blessés graves dans les deux camps. Six mois après de premiers heurts, le site de Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, a été le théâtre d’une deuxième journée de bataille rangée, samedi 25 mars.

Une violence qui a complètement éclipsé la présence de milliers de manifestants pacifiques. Et qui pose un sacré défi aux élus écologistes : elle nuit bien souvent à leur combat, et ils ne semblent pas forcément s’en rendre compte.

>> "Méga-bassines" : "C'était des armes de guerre face à des manifestants", dénoncent avec émotion les manifestants de Sainte-Soline

Les élus Verts étaient présents en nombre, c’est normal. Ils militent de longue date contre ce projet de méga-bassines destinées à l’irrigation de l’agriculture. Ils ont manifesté pacifiquement, emmenés par leur secrétaire nationale, Marine Tondelier. Ils ont également fustigé la "répression" d’un dispositif de forces de l’ordre qu’ils ont jugé "disproportionné". Ca aussi, c’est logique. En revanche, ils ont eu plus de mal à condamner les violences des activistes venus pour en découdre. Marine Tondelier les a même absous, de fait, puisque pour elle, c’est clair, tout est de la faute de Gérald Darmanin : "S’il n’y avait pas eu de forces de l’ordre, il n’y aurait pas eu d’affrontements ni de destruction", a-t-elle affirmé dimanche.
 
Pourquoi une telle attitude ? Disons que cette indulgence est consubstantielle à l’histoire des écologistes. Au fil de leurs combats, ils ont souvent eu recours à ce qu’on appelle la désobéissance civile. Noël Mamère a arraché des plans d’OGM, José Bové démonté un McDo, Yannick Jadot a été condamné en tant qu’activiste de Greenpeace pour avoir pénétré dans une base de sous-marins nucléaires.

Résultat : même s’ils respectent la légalité, certains élus Verts ont encore tendance à justifier que d’autres commettent des actes illégaux pour s’opposer à certains projets d’aménagements. Une attitude qui réjouit et fédère les diverses familles de militants écologistes. Mais qui peut inquiéter un électorat plus large et nuire à la progression des Verts au fond des urnes.

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