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Centriste : un mariage de déception

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François Bayrou et Jean-Louis Borloo ont célébré leurs retrouvailles cet après-midi à Paris, après onze années de séparation. Véritable union, ou mariage de la carpe et du lapin ?
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Radio France
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Plus encore qu'un
mariage de raison, cette union ressemble à un mariage de déception. Le constat d'échec
est commun aux deux hommes. Leur rupture
date de 2002, chacun avait choisi une stratégie différente, aucune fonction n'a
marché. François
Bayrou avait déjà été ministre de l'éducation nationale, il croyait à l'avenir du
centre, et s'était présenté sous ses propres couleurs à la présidentielle de

  1. Jean-Louis
    Borloo, lui, avait choisi de rompre avec François Bayrou pour rejoindre Jacques
    Chirac, puis Nicolas Sarkozy. L'un croyait
    à l'autonomie en dehors du mouvement gaulliste, l'autre croyait pouvoir jouer
    une partition  différente, en interne, mais
    sans s'éloigner de la famille.

Onze ans plus tard, ni l'un ni l'autre n'est
parvenu à ses fins.

François
Bayrou est monté haut, presqu'au second tour de la présidentielle, en 2007. Pas  assez haut cependant pour entrainer un mouvement
collectif dans son sillage personnel. Plus il
montait, et plus François Bayrou s'isolait. Au point de ne plus avoir qu'un seul
représentant à l'Assemblée nationale, dont les portes lui sont restés fermées
en 2012. En s'alliant
avec Jean-Louis Borloo, François Bayrou sort de son isolement, et accepte de
revenir au bercail, la grande famille de la droite.

Alors que Jean-Louis Borloo lui, était resté
au sein de cette famille.

Le RPR est
devenu l'UMP, la fédération de toutes les sensibilités de la droite, des
gaullistes aux centristes en passant par les libéraux. Les centristes
pensaient y peser lourd, de l'intérieur. Mais tandis
que François Bayrou n'était pas suivi, Jean-Louis Borloo ne se suivait pas
lui-même, en renonçant in extremis à la présidentielle en 2012. Du coup, le
courant centriste, malgré son groupe à l'Assemblée nationale, éprouve beaucoup de
mal à faire entendre sa voix au sein de la droite.

François Bayrou apporterait donc une voix
forte au centre.

Il est une
voix entendue. Même seul, il a su conserver une certaine légitimité politique,
ce qui ne veut pas dire qu'il soit en position de prendre le leadership du
centre. Son vote en
faveur de François Hollande en a refroidi plus d'un. L'OPA apparaît assez
difficile à mener.

Une alliance d'intérêts donc, du point de vue
de Jean-Louis Borloo et François Bayrou, mais du point de vue des électeurs ?
à quoi sert cette alliance ?

Elle se
justifie par le contexte, que résume l'appellation de cet alliage : l'alternative. L'UMP a
perdu le pouvoir, avec l'échec de Nicolas Sarkozy à la présidentielle. L'UMP n'a
plus vraiment de chef, depuis la guerre Copé Fillon. L'UMP ne
parvient pas à incarner une alternative à la gauche au pouvoir. Il faut pourtant
 un parti qui puisse prétendre prendre le
relais face à une gauche qui déçoit... " C'est nous ! " affirment
ce soir Jean-Louis Borloo et François Bayrou. Ils ont le
titre du film, ils ont les principaux acteurs du film, mais pas encore le
scénario.

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