Jardin. Même si on n'aime pas beaucoup les araignées, mieux vaut les protéger !

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Tout le monde ne les aime pas... Et pourtant, ces précieux arthropodes insectivores font un sacré boulot au jardin. 

Article rédigé par
Isabelle Morand - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Une araignée et sa toile à Tancarville (Seine-Maritime). (JOEL SAGET / AFP)

Les araignées sont souvent mal aimées et c’est dommage ! Réfléchissez avant d’en écrabouiller une, grande ou petite. Ce sont d’excellentes alliées des jardiniers. Elles aiment se régaler de pucerons, de mouches, de moustiques et contribuent ainsi à la régulation des populations.

Les araignées communes dans nos jardins

Petite liste établie par le professeur de SVT et photographe de nature, Stéphane Vitzthum :

- Les saltiques : ce sont des araignées sauteuses. Elles sont toutes petites et très discrètes. Elles vivent à côté des colonies de pucerons dont elles se régalent.

- Les épeires : ces araignées tissent des toiles magnifiques, bien visibles dans la rosée du matin. En les examinant, on peut facilement voir des proies à l'intérieur (moucherons, moustiques...)

- L'araignée concombre (Araniella cucurbitina) : pas facile de la repérer car elle est petite et de couleur verte, donc elle se confond souvent avec les feuilles. Elle passe souvent complètement inaperçue...

Une vision à 360 ° !

Toutes les araignées sont équipées de quatre paires d’yeux sur le devant et le côté de la tête. La paire à l'avant lui sert de loupe, les autres de tours de contrôle car les araignées ont évidemment, elles-mêmes, des prédateurs, les oiseaux insectivores notamment.

Côté chasse, les araignées développent des stratégies différentes mais toutes mangent des proies mortes après leur avoir injecté un venin.

"Lorsque la toile est collante, l'insecte va se retrouver piégé par hasard dans la toile. Quand il se fait piéger, les vibrations de la toile alertent l'araignée qui se précipite pour le mordre et lui injecter un venin puissant. Ce venin liquéfie l'insecte et l'araignée enveloppe la proie dans un toile formant un petit paquet. Si la proie est plus grosse, l'araignée injecte son venin à deux ou trois reprises tout en fabriquant un emballage de fils pour éviter que l'insecte ne se débatte et s'échappe. Le festin a lieu après la mort de sa victime." déclare Stéphane Vitzthum.

Une petite araignée a tissé une toile redoutable sur les feuilles d'un pélargonium. Malheur à l'insecte qui s'approchera de trop près...  (ISABELLE MORAND / RADIO FRANCE / FRANCE INFO)

Se reproduire sans mourir... 

La reproduction chez les araignées est un exercice difficile. Le mâle et la femelle on intérêt à se montrer qu’ils ne sont pas des proies potentielles. On assiste alors à des parades amoureuses très codifiées, seule possibilité de s’accoupler sans dégâts.

Quand l’affaire est faite, le mâle prend ses pattes à son cou et la femelle stocke les spermatozoides dans sa spermathèque : "Elle utilise cette réserve pour assurer la fécondation. Quand elle pond, les œufs sont généralement empaquetés dans un cocon où ils vont rester jusqu'à l'été suivant. Des centaines de bébés araignées naissent en même temps. Elles sortent du cocon, émettent un fil qui, grâce au vent, va leur permettre de s'installer dans un nouveau territoire, entre 3 et 100 m autour de leur lieu de naissance." dit Stéphane Vitzthum.

Les frileuses

À l’automne, certaines araignées cherchent à rentrer dans nos maisons pour se protéger du froid qui arrive. Ce sont des tégénaires, souvent impressionnantes mais pas méchantes. Ne les écrasez pas. Utilisez tous les moyens pour leur faire regagner le jardin.

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