Livres. "Faut pas rêver" de Pascale Dietrich, une comédie noire sur la somniloquie

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"Culture d'été", c'est chaque jour le coup de cœur culturel de franceinfo. Aujourd'hui, une proposition de lecture : le quatrième roman d’une experte de la comédie noire, Pascale Dietrich. "Faut pas rêver" publié chez Liana Levy.

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La sociologue Pascale Dietrich est l'auteure de nouvelles et de courts romans flirtant avec le polar (PHILIPPE MATSAS / OPALE / ÉDITIONS LIANA LEVI)

Après Les Mafieuses, Pascale Dietrich continue dans cette veine de la comédie noire. Faut pas rêver commence comme une romance chez les bobos : Louise, femme déçue jusqu'alors par ses aventures amoureuses, semble avoir trouvé la perle rare. Un certain Carlos, "sage-femme" d'origine espagnole, amoureux, amant et compagnon idéal.

Jusqu'au jour où Louise, enceinte, entend Carlos parler la nuit. Ce n'est pas pour lui susurrer des mots tendres à l'oreille mais pour crier des volées d'injures, des menaces et revivre des scènes d'une très grande violence.

J'avais très envie d'écrire un polar à partir de rêves, c'était un peu le défi de départ.

Pascale Dietrich

La trame de cette comédie noire est inspirée d'un trouble du sommeil, la somniloquie. "Je suis tombée sur cette maladie qui s'appelle la somniloquie, qui est plutôt un symptôme qu'une véritable maladie", indique Pascale Dietrich.

Vivre ses rêves à voix haute

"Ça m'a frappé. J'ai fait des recherches et j'ai pu voir que des scientifiques avaient mené des recherches très précieuses sur ce sujet... Il apparaissait qu'un tiers des rêves comprenait le mot 'merde' et un quart le mot 'putain', avance Pascale Dietrich. Ça a tout de suite éveillé ma curiosité et rapidement je me suis dit qu'il y avait une belle histoire à écrire avec ce couple."

Pascale Dietrich excelle dans ce style particulier où l'humour côtoie très facilement le suspense voire même la violence. "Ce qui m'intéresse dans les relations entre les personnes c'est de voir aussi la face cachée qu'on n'arrive pas à voir chez les autres, précise l'auteure. Il y a toujours un peu cette angoisse d'avoir un visage qui se découvrirait et qu'on n'aurait pas soupçonné, cette peur de l'inconnu dans le couple que l'on risque de découvrir chez son compagnon."

Dans ce roman, Louise est confrontée à cette étrangeté radicale qu'elle découvre la nuit, car ces injures prononcées par Carlos sont dans sa langue maternelle, l'espagnol, une langue qu'elle ne comprend pas.

Quand on arrive à trouver ce doux équilibre entre noirceur et comédie, il y a une vraie satisfaction, un vrai bonheur pour moi.

Pascale Dietrich

"Ce que j'essaye de faire c'est de travailler le rythme, de trouver le bon ton, c'est-à-dire pour l'humour, par exemple, d'en faire ni trop ni pas assez, il faut trouver le ton juste", souligne Pascale Dietrich.

Dans cette catégorie "comédie policière", "comédie noire", on peut également cet été se précipiter sur le dernier roman d'Adeline Dieudonné Kérozène. Il est également fortement recommandé de s'intéresser à La mère noire, écrit à quatre mains par Jean-Bernard Pouy et Marc Villard. Deux figures de proue de la Série noire et du polar français.

Il y a enfin Kasso de Jacky Schwartzmann publié au Seuil pour compléter cette sélection d'excellentes comédies noires où paradoxalement l'humour et l'ironie servent une vision très désenchantée de notre monde.

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