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Français du monde. Les jeunes francophones entre de bonnes mains à Toronto

Marc Cormier a passé la moitié de sa vie dans la capitale de l'Ontario.

Article rédigé par France Info, Emmanuel Langlois
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Marc Cormier à Toronto " Ici, c'est un peu l'Amérique avec plus de facilités " (Photo DR)

Natif de Saint-Pierre-et-Miquelon, le français Marc Cormier anime une équipe de profs francophones. Il est aussi président de l'UFE, qui tente de séduire les jeunes

Au Canada, on appelle ça le "clavardage". Marc Cormier dirige une équipe de 18 enseignants francophones chargés de dépanner, que ce soit par chat, téléphone ou texto, les élèves après leurs heures de cours, en maths ou en chimie. "On ne fait pas leurs devoirs à leur place, on les aide simplement. C'est comme Acadomia, mais c'est gratuit, résume le Français. Les profs sont payés par l’État. La constitution canadienne prévoit en effet que dans chaque province, les francophones aient accès aux mêmes ressources que les anglophones."

Marc Cormier à Toronto " On ne fait pas leurs devoirs à leur place, on les aide simplement."  (Photo DR)

Sur les 13,6 millions d'habitants que compte l'Ontario, 500 000 environ sont francophones

"Ils sont moins connus que les Acadiens ou les Québécois, détaille Marc Cormier, mais ce sont de très vieux Franco-ontariens de souche présents ici depuis le XVIIe siècle. Beaucoup d'immigrants africains sont venus ensuite, du Rwanda ou du Cameroun." 

Résultat, Toronto est une ville multiculturelle qui joue de ses différences avec ses quartiers chinois, italien, somalien ou grec. On change de pays en traversant la rue !

Lors de la remise de la médaille de Chevalier de l’ordre national du Mérite par l’Ambassadeur de France Nicolas Chapuis à la résidence du Consul général de France.  (Photo Shannonn Kelly)

Un Chicago canadien

"Mais qu'on ne s'y trompe pas, prévient le Français, ça ne doit pas être un leurre, vous faites 50 kilomètres et vous retrouvez le vieil Ontario blanc protestant écossais." 

La grande région de Toronto, la ville la plus peuplée du pays, rassemble à elle seule plus de 80 % de la population du Canada, en particulier autour du lac Ontario. "Ici, c'est un peu l'Amérique avec plus de facilités, une sorte de Chicago canadien, résume Marc Cormier. On peut s'épanouir dans les deux langues : travailler en français et vivre en anglais. Il y a des opportunités dans la finance, les services et les grandes entreprises télécoms par exemple." 

Oubliez les envois de CV à la pelle, ici ce qui compte, c'est le réseautage, connaître les gens pour décrocher un poste. Les diplômes ne sont pas l'essentiel et on accorde un grand respect à la formation continue. C'est bien vu de reprendre des études.

Le comité directeur de l'UFE Toronto (Photo DR)

Soirées galettes et Beaujolais

Marc Cormier est né à Saint-Pierre-et-Miquelon, petit archipel français de
5 000 âmes perdu dans l'Atlantique nord. Après des études en fac à Bordeaux (biologie cellulaire et physiologie), il a rapidement commencé à enseigner. Il est arrivé au Canada il y a 25 ans.

Président de l'UFE depuis bientôt deux mandats, il organise pour la cinquantaine de membres de l'association des soirées galettes et Beaujolais. "Les Français sont très attachés à leur culture et à leur histoire." L'UFE organise aussi des ateliers sur la retraite ou la fiscalité. Elle cherche aussi à séduire sur les réseaux sociaux les jeunes Français de passage en leur proposant des cours d'informatique : "On essaie de les attirer vers l'UFE. Un voyage au Canada est souvent la première étape avant d'émigrer définitivement." 

Marc Cormier est également élu conseiller consulaire. Fou amoureux de son archipel battu par les vents, il avoue dépenser des fortunes à acheter des cartes anciennes et de vieux documents sur l'histoire de Saint-Pierre-et-Miquelon. 

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Aller plus loin 

Fête champêtre de l'UFE Toronto en juin 2017 (Photo DR)

Retrouvez ce portrait dans la Voix de France, le magazine de l'UFE

L'UFE Toronto

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