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Une prière pour la pluie en Tunisie

Cette année le pays manque d’eau, plus encore que d’habitude : il est tombé 30% de pluie en moins par rapport à 2015. Résultat : en toutes saisons, des habitants, mais aussi des hôpitaux se retrouvent privés d’eau pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours.

Article rédigé par franceinfo, Alexis Morel, Justine Fontaine
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Un barrage vers Testour dans l'ouest tunisien presqu'à sec fin août 2016. (FETHI BELAID / AFP)

Au début du mois de septembre, après un été extrêmement sec, le ministère des Affaires religieuses a appelé tous ses représentants régionaux à organiser la prière de demande de pluie. Ca paraît assez incroyable mais en fait c’est devenu relativement commun depuis quelques années : il y en a eu une cet hiver par exemple, alors qu’avant ça n’avait lieu que tous les trois ou quatre ans.

Evidemment, ça fait réagir sur les réseaux sociaux. Un internaute ironise:  "Espérons que cette prière permette de sauver l’économie du pays ! " . Mais dans les régions très rurales, et durement touchées par la sécheresse, les prières ont réuni un grand nombre de croyants.

Les agriculteurs touchés par cette sécheresse

La situation est particulièrement difficile pour ceux qui sont locataires des terres qu’ils exploitent : dans le centre du pays, certains se retrouvent sans récolte, alors qu’ils doivent en plus payer la location des terrains. D’autres encore, vendent leur bétail car ils ne peuvent plus payer les aliments. Le syndicat agricole estime que le manque d’eau a coûté près de 800 millions d’euros à ce secteur depuis le début de l’année.

Les particuliers touchés également

L’eau a été coupée régulièrement cet été, dans toutes les régions, y compris dans des zones touristiques. En prévisions de coupures d’eau en juillet, l’entreprise publique de distribution d’eau a même invité les hôteliers de Sousse à  faire des stocks ou à s’approvisionner par d’autres moyens. Une invitation plutôt mal accueillie, alors que la Tunisie essaie de faire revenir les touristes. Même les hôpitaux sont concernés : au moins deux d’entre eux se sont retrouvés sans eau, ces dernières semaines. Avec des risques non négligeables pour la santé des patients.

Manque d'anticipation

La première raison, cette année, c’est le manque de pluie. Mais le risque de sécheresse a été signalé dès 2009, par la Banque mondiale. Et les autorités n’ont pas assez anticipé ce problème. Trois nouvelles usines de dessalement de l’eau de mer sont en projet, mais leur construction n’a pas encore commencé. Surtout, les réseaux d’eau et les canalisations sont mal entretenus, ils ont été mal conçus. La société publique de l’eau ne parvient pas à faire face à ce manque de pluie. Son directeur explique qu’elle n’a pas d’argent pour des rénovations, à cause de clients qui ne payent pas leurs factures.En tout cas, s’il ne peut pas d’ici un mois, la situation risque d’atteindre un seuil critique pour les agriculteurs, et d’attiser les tensions sociales.

 

 

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