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En Belgique, le climat au cœur de la campagne

Les Belges élisent dimanche leurs députés, en même temps que leurs eurodéputés. L'un des thèmes majeurs de la campagne a été le climat, avec une forte mobilisation de la rue et les écologistes, crédités de bons sondages, pourraient en tirer profit pour s'imposer comme une force incontournable dans la formation du futur gouvernement.

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\"Le futur c\'est l\'Europe\", tagué près des insititutions européennes à Bruxelles, le 14 mai 2019.
"Le futur c'est l'Europe", tagué près des insititutions européennes à Bruxelles, le 14 mai 2019. (EMMANUEL DUNAND / AFP)
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Les chiffres de la campagne politique en Belgique peuvent donner le vertige : 366 listes, 7 000 candidats. Dimanche 26 mai, les Belges ne votent pas que pour élire leurs députés au parlement européen car pour ce scrutin-là, il y a seulement 22 listes et 159 candidats. Outre le scrutin européen, les Belges ont deux autres scrutins, pour élire quatre parlements régionaux et surtout, le parlement fédéral.

Les écologistes en tête des sondages

Pour le scrutin fédéral ce sont les motivations de stratégie politique qui dominent alors que pour le scrutin européen, les Belges votent avec leurs convictions. On a vu se dessiner la question du climat dès la fin de l’an dernier, avec en décembre la première des marches citoyennes en faveur de la lutte contre les changements climatiques, une mobilisation reprise dès janvier par les écoliers et étudiants dans leurs manifestations du jeudi.

On voit ainsi les partis écologistes caracoler en tête des sondages. Les autres partis reprennent des thèmes écologistes, mais se concentrent surtout sur les questions socio-économiques, de taxation ou de pouvoir d’achat. Bart De Wever, président de la N-VA, l’Alliance néo-flamande s’est même fendu d’un message spécialement destiné à l’électorat francophone.

Les questions migratoires redeviennent centrales

"Je veux garantir la prospérité et la sécurité sociale, a déclaré l'homme politique. Il faut pour ce faire relancer l’économie afin d’augmenter le nombre d’emplois et de continuer à couvrir les frais de la sécurité sociale ; c’est pourquoi nous devons récompenser les efforts de personnes qui travaillent et qui entreprennent plutôt que de les pénaliser." Mais en fin de compte, les questions migratoires pourraient faire la différence, à cause du scrutin des législatives fédérales. Toute la question de la fin de campagne en Belgique est de savoir si la N-VA de Bart de Wever pourra prétendre à refaire partie de la future coalition gouvernementale.

Accueillir ou non des migrants dans le royaume de Belgique redevient donc une question centrale, surtout en Flandre, selon Pascal Delwitt, politologue au centre d’études de la vie politique de l’Université Libre de Bruxelles. "Les thématiques migratoires sont un des éléments bien plus importants de la campagne, parce que c’est un des points d’ancrage de la N-VA auprès des électeurs, parce que par ailleurs aux élections provinciales d’octobre 2018 le parti d’extrême droite, le Vlaams Belang, a rebondi électoralement et que lui-même met ces thématiques au cœur de l’agenda," affirme le politologue.

Même si ce thème de campagne s’impose surtout en Flandre, il oblige les partis francophones à se positionner sur la question migratoire : c'est elle qui a fait tomber le dernier gouvernement fédéral.

\"Le futur c\'est l\'Europe\", tagué près des insititutions européennes à Bruxelles, le 14 mai 2019.
"Le futur c'est l'Europe", tagué près des insititutions européennes à Bruxelles, le 14 mai 2019. (EMMANUEL DUNAND / AFP)