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Chroniques du ciel. Taxe écologique sur le transport aérien français

L'Assemblée nationale a adopté cette semaine la taxe écologique qui va fragiliser encore un peu plus le transport aérien français. D'autant que le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, souhaiterait aussi imposer le kérosène au niveau européen. Or, de nombreux mécanismes existent déjà.

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Un avion d\'Air France, le 2 mars 2017 près de Toulouse (Haute-Garonne).
Un avion d'Air France, le 2 mars 2017 près de Toulouse (Haute-Garonne). (PASCAL PAVANI / AFP)

Après la faillite d’Aigle Azur et d’XL Airways, en l'espace d'un mois, le gouvernement serait-il enclin à poursuivre une "politique d'asphyxie" du transport aérien français ?

Le syndicat des compagnies aériennes autonomes (SCARA) qui regroupe près de la moitié des compagnies aériennes françaises vient de dénoncer, dans une lettre ouverte, ce qu'il qualifie de "politique d'asphyxie" du secteur. 

Au lieu lui redonner de la compétitivité, l’Assemblée nationale a voté cette semaine la taxe écologique, qui ne servira pas à financer des mesures pour l’environnement, mais à subventionner encore un peu plus le train, qui n’est pas le moindre des pollueurs.  

Bruno Le Maire propose une taxe sur le kérosène 

Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie est même allé plus loin, en proposant de taxer le kérosène des avions, affirmant qu’il était incompréhensible que des objectifs d’émissions carbone aient été fixés pour nos voitures, et qu’aucun objectif n’ait été fixé pour les avions ou les bateaux.  

C’est sans doute mal connaître le sujet, puisque cette taxe existe déjà au niveau européen, via les permis d’émission de CO2, les ETS, comme l’explique, Bertrand de Lacombe, sous-directeur de l’Europe et de l’International à la DGAC.  

Tout d'abord, contrairement aux idées véhiculées, il existe déjà une taxe kérosène, puisque pour pouvoir consommer du carburant, les compagnies aériennes doivent acheter en Europe des permis d'émission de CO2 (ETS). Aussi le souhait du ministre de l'Économie de mettre en place une taxe européenne sur les carburants des avions est-il déjà réalisé.

Réduire l'empreinte écologique 

Ensuite, le transport aérien travaille sur plusieurs pistes en même temps pour réduire son empreinte écologique : performances aérodynamiques, rendement des moteurs, allègement du poids des avions, utilisation de nouveaux carburants, amélioration des procédures opérationnelles et réduction des émissions carbone.

Notamment, les compagnies aériennes mettent en place le système CORSIA (régime de compensation et de réduction de carbone pour l'aviation internationale). Ce système, totalement novateur, vise à financer des projets de réduction d'émissions de gaz à effet de serre, tels la plantation de forêts, le développement de l'énergie solaire et éolienne, etc.

A l’horizon 2020, le secteur s’est engagé à stabiliser à 2% ses émissions de C02 et à les réduire de 50% d’ici 2050. Un défi de taille sachant que le trafic aérien devrait doubler au cours des deux prochaines décennies pour atteindre 8,2 milliards de passagers en 2037.      

Un avion d\'Air France, le 2 mars 2017 près de Toulouse (Haute-Garonne).
Un avion d'Air France, le 2 mars 2017 près de Toulouse (Haute-Garonne). (PASCAL PAVANI / AFP)