Libres dans les étoiles

Avec "Frontier", Guillaume Singelin compose un space opéra agréablement naïf et politique. Mais on revient de loin.
Article rédigé par Jean-Christophe Ogier
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Choisissez votre vision du futur ! (GUILLAUME SINGELIN, LABEL 619 - RUE DE SEVRES / STEPHANE LEVALLOIS, HUMANOIDS INC. - LES HUMANOIDES ASSOCIES)

Ça s’appelle Frontier, en anglais. C’est un vrai, long et sympathique voyage dans les étoiles qui va s’épanouir sur près de 200 pages. Guillaume Singelin est de ces trentenaires qui ont été biberonnés aux mangas, aux comics, et sans aucun doute aux jeux vidéo. On sent aussi qu’il vient de l’animation. Ça donne un graphisme mignon, très "kawaï", comme disent les Japonais.

Une foule de petits personnages pop, presque enfantins, à grosses têtes

Dans l’histoire de la BD, la science-fiction a souvent produit des récits pessimistes. Bonne nouvelle, si Frontier commence comme une dystopie, un récit sombre et plutôt angoissant, il fait finalement le pari de présager une douce échappatoire à l’humanité.

Guillaume Singelin imagine d’abord que l’humanité sera aussi stupide et cupide dans sa conquête de l’espace, qu’elle l’est sur Terre. Sa priorité sera d’exploiter les ressources des planètes, sans se préoccuper ni des milliers de tonnes de déchets, rejetés dans le vide intersidéral, ni du bien-être des ouvriers qui se tuent à la tâche. Cela dit, entre les stations-usines surpeuplées, les cargos interstellaires géants et les planètes encore peu visitées, il y aura bien une place dans l'espace pour une Zad utopique, une zone à défendre, où s’inventeront des lendemains qui chantent.

Une naïveté assumée

Alex, l’un des petits héros de cette immense aventure, le reconnaît volontiers. Ce à quoi Camina, sa copine mercenaire retirée des combats, répond qu’un peu de naïveté et de candeur, ça ne fait pas de mal. Alors, si l’espace vous manque, répondez à l’appel de Guillaume Singelin.

Frontier, sous-titré Explore, Expand, Escape, sous le label 619.

Un Métal qui hurle de terreur

Le numéro 7 de Metal Hurlant, revenu à la vie après quelques décennies de silence, propose une monstrueuse parade, une collection de courts récits cauchemardesques signés Neyef, Antoine Dodé ou encore Elene Usdin. L’occasion de découvrir quelques auteurs et autrices de la jeune génération. Attention, ici aucune candeur, et rien de naïf ! 

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