Le golf d'Agen-Bon Encontre bientôt arrosé avec l'eau d'un forage

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Le golf d'Agen-Bon Encontre, dans le Lot et Garonne, sera bientôt arrosé avec l'eau provenant d'un forage.     

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Radio France
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Le golf d'Agen-Bon Encontre.  (FLYOVERGREEN)

Philippe Sasseigne, président du golf d'Agen-Bon Encontre dans le Lot et Garonne est l'invité du Fil de l'eau. 

L'eau est un élément vital pour la pratique du golf mais la préservation de la ressource est aujourd'hui une priorité pour la fédération française. Le sujet fait souvent polémique. En moyenne, un parcours consomme 25 000 mètres cube d'eau par an, et par tranche de 9 trous. La préparation et le maintien des gazons en bonne santé impliquent des apports d'eau importants que les précipitations ne peuvent pas satisfaire.

En France, plus de 70% des golfs prélèvent l'eau d'arrosage dans des milieux naturels, soit en surface, soit dans les couches souterraines, et 10% utilisent l'eau du réseau public. Ces derniers sont donc directement impactés par la disponibilité de la ressource, qui peut nécessiter des mesures de restriction afin de garantir la distribution d'eau potable pour tous, mais aussi le maintien de la biodiversité et des écosystèmes aquatiques.                                                  

Et soudain l'eau jaillit...  

Depuis plusieurs années, le golf d'Agen-Bon Encontre, dans le Lot et Garonne, cherchait une solution pour ne plus arroser son parcours avec de l'eau potable. Ce sera le cas au printemps prochain. En juillet dernier, un forage a été effectué sur les indications de deux sourciers, dont un spécialiste des sols argileux calcaires.

Une veine d'eau a été trouvée à 148 mètres de profondeur, pratiquement au niveau de la Garonne. Les travaux d'acheminement viennent de se terminer et le parcours sera donc désormais arrosé avec l'eau du puits !

Philippe Sasseigne, le président de l'association qui gère le golf d'Agen-Bon Encontre, explique que le forage permet un débit de 10 mètres cube d'eau par heure, ce qui est nettement suffisant, puisque l'arrosage du golf, qui s'effectue la nuit, nécessite entre 6 et 7 mètres cube par heure.                                                   

Une gestion de l'eau "raisonnée"  

"L'idée est d'avoir une gestion de l'eau très raisonnée", précise Philippe Sasseigne. Seules les parties indispensables du parcours sont arrosées. Cela concerne le green, une petite surface qui a besoin d'être arrosée régulièrement car le gazon y est fin et fragile. Les zones de départs seront également concernées ainsi que certaines zones sensibles en période de sécheresse. 3 à 4 hectares seront ainsi arrosés sur les 20 hectares du golf", précise Philippe Sasseigne.              

L'engagement de la fédération française de golf  

La fédération française de golf est très impliquée dans la protection de la ressource et impose un certain nombre de mesures aux différents golfs affiliés. Une première charte sur l'eau a été signée dès 2006, avec le ministère de l'Écologie et le ministère des Sports. Ce cadre de concertation "État-filière" permet notamment de fixer des mesures adaptées et progressives de limitation d’usage de l’eau, en cas d’Arrêté de restriction d’usage de l’eau. 

Dans un premier temps (seuil d’alerte), l’arrosage en journée est interdit. Lorsque la situation s’aggrave, c’est l’arrosage des fairways qui est interdit (seuil de crise), et en cas de crise grave (seuil d’alerte renforcée), l’arrosage des départs est interdit, mais l’arrosage des greens (soit 2% de la surface moyenne d’un golf) reste autorisé afin de garantir le maintien de l’activité économique des golfs (en cas de pénurie d’eau potable, l’arrosage des greens peut être interdit).

La filière s’est engagée à poursuivre la réduction des consommations d’eau (rénovation et optimisation des systèmes d’arrosage). Elle veut aussi mettre en œuvre des solutions agronomiques (conversion de flore pour installer des graminées plus résistantes au manque d’eau, opérations mécaniques pour améliorer la capacité du sol à stocker l’eau et favoriser l’enracinement profond du gazon).

Elle souhaite enfin rechercher et mettre en place, dans la mesure du possible, des dispositifs alternatifs aux prélèvements dans les milieux naturels et au recours à l’eau du réseau public : création de réserve d’eau pluviale, utilisation d’eau recyclée par des stations d’épuration.         

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