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C'était en mai, un samedi

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Les coups de cœur de Valérie Expert et les libraires Stanislas Rigot à Paris et Gérard Collard à Saint-Maur.
Article rédigé par
Radio France
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C'était en mai, un samedi de David Lelait-Helo chez Anne Carrière

Résumé : Perchée au sommet de la butte Montmartre, une maison sertie
de terrasses suspendues domine Paris. Une femme vit là depuis vingt-cinq ans.
Seule. Ce 2 mai 1987, elle décide que cette maison, dont elle a toujours
dit qu’elle était sa "chaussette", sera son tombeau. Ce samedi
soir, dans le Paris désert d’un week-end du 1er mai, elle va mettre fin à
ses jours.

Assise sur le bord de son lit, elle contemple une dernière
fois la ville qui lui a tout donné, et beaucoup pris. Sur le chevet, une
bouteille de whisky, quatre boîtes de somnifères, le téléphone. Parler, elle
voudrait enfin parler, presque pour la première fois, dire quelle a été sa vie,
dire pourquoi elle lui préfère la mort. Elle compose un numéro au hasard…

À l’autre bout de la France, dans son petit jardin clos,
Sophie ajuste les bouquets de muguet qu’elle vient de cueillir. Elle goûte le
silence, sa nouvelle solitude depuis qu’elle a quitté son mari, la ville pour
la campagne. Le téléphone sonne. Elle n’attend aucun appel, elle se précipite…

"Allô, je m’appelle Yolanda, je vais mourir…"

Deux heures s’écouleront. Deux petites heures, le temps que
deux femmes se racontent et livrent leurs secrets. Madame Tout-le-monde,
Sophie, et Yolanda, que la France entière connaît sous le nom de Dalida.

Triple crossing de Sebastian Rotella chez Liana Levi

Résumé : Chaque nuit, sur la Ligne entre le Mexique et les
États-Unis, une foule de migrants tentent leur chance. Et chaque nuit, les
agents de la patrouille frontalière américaine sont là pour les refouler.
Certains, sans scrupules, profitent de la faiblesse des clandestins et donnent
libre cours à leurs penchants sadiques. D’autres, comme Valentin Pescatore,
essaient de s’en tenir aux règles. Cela ne l’empêche pas de commettre une
entorse qui pourrait lui valoir une sanction sévère, à moins de collaborer ?
Mais avec qui, au juste? Ce sont bien les Américains qui lui demandent d’infiltrer
une famille de narcos de Tijuana, mais qui peut garantir que son inexpérience
ne va pas l’entraîner du côté de la corruption, de la drogue et de l’argent
facile ? En tout cas, c’est ce que redoute Leo Méndez, flic mexicain aux
allures de justicier ? Sebastian Rotella nous conduit vers de troubles
frontières dans un thriller saisissant sur la mondialisation du crime.

Charivari de Nancy Mitford chez 10/18

Résumé : Paru en 1935, ce roman n'a pas été réimprimé pendant près de
70 ans. Ceci à la demande de Nancy Mitford elle-même, qui souhaitait mettre un
terme à la brouille que sa publication avait provoquée avec ses sœurs. Unity et
Diana lui reprochaient en effet la caricature à peine masquée qu'elle faisait
du mari de Diana sous les traits du charismatique et très nationaliste Captain
Jack. Car derrière ce qui est en au premier abord une comédie enlevée, portée
par le meilleur de l'humour anglais, transparait une critique mordante des
mœurs de la bonne société britannique, sur fond d'avènement du fascisme.

Transes de Christopher Sorrentino chez Sonatine

Résumé : 1974. En plein scandale du Watergate, Alice Galton, riche
héritière d’un magnat de la presse, est enlevée en Californie par un
groupuscule gauchiste. Cette jeune fille de bonne famille, élevée au sein de
l’élite américaine épouse contre toute attente la cause des révolutionnaires et
participe à un braquage à San Francisco. Les médias s’emparent de l’affaire,
l’Amérique entière est sous le choc, toutes les polices du pays se lancent aux
trousses des terroristes.

Dans la lignée de Pastorale américaine, de Philip Roth, et
du Temps où nous chantions, de Richard Powers, Christopher Sorrentino s’empare,
avec ce roman exceptionnel, de l’histoire contemporaine des États-Unis.
S’inspirant d’un fait-divers réel, l’enlèvement par le Weather Underground de
la riche héritière Patty Hearst et la conversion de celle-ci à la cause de la
gauche radicale, il dresse un fabuleux tableau de cette période, les Seventies,
marquée à la fois par le discrédit du pouvoir politique, l’errance délétère des
idéaux révolutionnaires et la montée en puissance de la société du spectacle.
Mêlant l’intime et l’histoire, Christopher Sorrentino, servi par un style
virtuose et un formidable sens de la construction, nous offre un roman qui
transcende tous les genres : à la fois thriller, chronique familiale,
histoire d’amour, comédie postmoderne et exploration géniale du côté obscur de
notre société.

 

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