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VIDÉO. Cyril Chabanier (CFTC): "La deuxième vague pourrait avoir des conséquences catastrophiques sur l’économie"

a revoir

Présenté parClémence de la Baume

Diffusé le 11/09/2020Durée : 00h6

Cyril Chabanier, président de la CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens) était l’invité de Clémence de la Baume dans ":l’éco" pour évoquer le télétravail, dont un accord est discuté aujourd’hui par les partenaires sociaux.

À la vue des chiffres sanitaires, Cyril Chabanier s’est d’abord dit inquiet du retour de la pandémie du COVID-19. Il est favorable à éventuellement prendre de nouvelles mesures "peut-être plus restrictives" afin d’endiguer la seconde vague, qu’il craint "catastrophique" pour l’économie.

Concernant le télétravail, sujet pour lequel les partenaires sociaux se réunissent à nouveau, il déplore les "réticences " du patronat, dues  à ses yeux à ce que l’accord sur la table donnerait des nouveaux droits aux salariés.

Cyril Chabanier évoque plusieurs raisons pour lesquelles l’ANI (accord national interprofessionnel) de 2005, dernier grand accord sur le télétravail, est devenu insuffisant. En premier lieu, il note la présence de nombreux éléments devenus obsolètes au cours de ces 15 ans, qu’il faut mettre à jour. De plus, il pointe que les ordonnances de 2017 ont souvent été en contradictions avec la loi de 2005, notamment sur le matériel à fournir, pouvant ne pas être pris en charge par les employeurs dans les ordonnances de 2017. Par ailleurs, le président de la CFTC évoque dans les accords de 2005 l’absence de permission de télétravail dans les cas de situation exceptionnelle, comme pour le COVID aujourd’hui. Enfin, Cyril Chabanier estime que le télétravail est à encourager pour les conséquences positives qu’il a sur l’environnement, l’aménagement du territoire et la révolution numérique : "Le télétravail doit jouer un rôle pour préparer le monde de demain."

Interrogé sur les raisons qui expliquent que seulement 10 % des salariés sont aujourd’hui en télétravail, Cyril Chabanier explique que cette part s’explique par un mauvais encadrement du télétravail. S’il dit comprendre l’envie des entreprises de retrouver leurs salariés, il regrette que beaucoup oublient les bénéfices du télétravail. Pour le généraliser, il souhaite que chaque entreprise puisse négocier son propre accord, mais qu’il est important de fixer un cadre clair et précis. "Encore trop peu d’entreprises ont un accord de télétravail. Pourtant, on l’a vu avec le COVID, beaucoup de personnes a priori non concernées par le télétravail ont pu en faire". Il précise que généraliser le télétravail ne veut pas dire le mettre à plein temps. "Le télétravail doit rester partiel, car il est important de garder du lien avec l’entreprise."

Concernant le plan de relance, Cyril Chabanier regrette qu’il n’y ait pas de mesure sur le pouvoir d’achat, afin relancer également la consommation. Il souligne que si les français ont réussi à épargner près de 100 milliards d’euros pendant la crise, seuls les ménages qui le pouvaient ont pu conserver leur argent, à l’inverse des ménages à faibles revenus qui n’ont accumulé aucune épargne. Il souhaite donc qu’il y ait des mesures ciblées vers les catégories de revenus les plus modestes.

Invité à réagir sur la grève lancée par la CGT le 17 septembre, ainsi qu’à la phrase du ministre des transports Jean-Baptiste Djebbari qui a dénoncé une grève "par habitude", Cyril Chabanier a répondu qu’il n’a justement pas pour habitude de porter un jugement sur les grèves des syndicats concurrents. Il explique que le syndicat qu’il préside n’a pas paru opportun de rejoindre le mouvement, considérant que le plan de relance va, malgré plusieurs lacunes, plutôt dans le bon sens. Si Cyril Chabanier indique qu’il n’y a "pas de quoi descendre dans la rue aujourd’hui ", il souligne que cela ne l’empêche pas de développer d’autres actions pour se faire entendre. "Il y a de quoi se battre, discuter, pour améliorer les discussions sur la table", notamment sur le télétravail dont les dernières mesures autour du chômage partiel, à ses yeux, manquent de solutions pour améliorer la situation des entreprises et des télétravailleurs.

L’entretien s’est achevé en chanson, avec « Emmenez-moi » de Charles Aznavour.

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