Remaniement : pourquoi la formation du gouvernement va prendre encore du temps

Emmanuel Macron poursuit ses consultations avant de choisir les futurs ministres de cette équipe resserrée dirigée par Élisabeth Borne. La difficulté vient notamment de son souhait de trouver des profils forts politiquement mais qui ne sont pas candidats aux législatives.

Article rédigé par
Jean-Jérôme Bertolus et Julie Marie-Leconte - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Élisabeth Borne, alors ministre du Travail et Emmanuel Macron, le chef de l'État, le 22 juillet 2020. (LUDOVIC MARIN / POOL)

Après la nomination d'Élisabeth Borne au poste de Première ministre, le suspens se poursuit au sujet de la composition de son gouvernement. Le casting ne sera pas dévoilé avant mercredi 18 mai, voire jeudi, selon nos informations. Les cérémonies de passations de pouvoir doivent avoir lieu avant le premier conseil des ministres de vendredi.

Emmanuel Macron ne veut pas se tromper

Les 22 jours nécessaires à la nomination d’Élisabeth Borne montrent bien qu’Emmanuel Macron a hésité entre plusieurs personnalités. Il a fallu lever l’hypothèse d’une prolongation de Jean Castex à Matignon jusqu’aux législatives. Autrement dit, jusqu’à présent, la question d’un nouveau gouvernement n’était pas sur la table. L'identité du nouveau chef ou de la nouvelle cheffe de l'exécutif était l’objet de toutes les préoccupations.

Emmanuel Macron va à nouveau consulter et interroger son entourage en vue de la formation de cette nouvelle équipe. Élisabeth Borne peut proposer des ministres mais c’est bien le président qui dispose. Face aux noms des candidats qui circulent, "le chef de l’État veut toujours s’assurer que quelque chose ne lui a pas échappé", nous expliquait ce mardi matin un leader de la majorité. Des discussions qui ont lieu avec l’incontournable Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Élysée toujours en fonction.

Trouver des poids lourds qui ne sont pas candidats

Ce qui est certain c'est que ce nouveau gouvernement sera resserré, entre 15 et 20 ministres maximum, contre une quarantaine aujourd’hui. Le "ticket d'entrée est cher", résume un cadre de la majorité : "Il faut trouver les grands équilibres entre ceux qui vont rester et les surprises, traiter les partis alliés, récompenser aussi parfois les bons soldats", explique l'un de ceux qui carresse timidement des espoirs, tout en se disant qu'"il y aura forcément des déçus". D'autant qu'il faut aussi laisser de l'espace pour afficher l'élargissement, à droite et à gauche. 

Et pour incarner ces gros portefeuilles, il faut trouver des poids lourds de la majorité. Le choix va se porter sur des profils plus politiques pour renforcer Élisabeth Borne, une Première ministre plus technicienne que politicienne. Dans la majorité chacun vante "les qualités" d’Élisabeth Borne, mais on s’interroge sur son leadership politique. Il faut égalemement penser, aussi, à proposer des pistes pour rebondir à ceux qui devront être remerciés : certains ont déjà reçu des coups de fil en ce sens, suggère une source gouvernementale. 

Emmanuel Macron est également soucieux d’associer toutes les composantes, toutes les chapelles de la majorité et elles sont nombreuses. C’est un savant dosage, d’autant qu’il faudra que des ralliés de la droite et de la gauche soient également récompensés. Enfin, le chef de l'État veut éviter de reconduire trop de ministres qui se présentent aux élections législatives. Car en cas de revers électoral, il ne veut pas être contraint de trop remanier son casting au lendemain des législatives. Voilà pourquoi le président prend son temps.

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