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Réforme territoriale : les radicaux de gauche menacent de quitter le gouvernement

Dans un entretien au "Nouvel Obs", Jean-Michel Baylet, président du parti, réclame notamment le maintien des conseils généraux dans les départements ruraux.

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Le président du Parti radical de gauche, Jean-Michel Baylet, à la sortie d'un entretien avec François Hollande au sujet de la réforme territoriale, le 15 mai 2014. (CHRISTOPHE PETIT TESSON / MAXPPP)

Sylvia Pinel (ministre du Logement), Annick Girardin (secrétaire d'Etat à la Francophonie) et Thierry Braillard (secrétaire d'Etat aux Sports) vont-ils claquer la porte du gouvernement ? C'est la menace proférée par le président de leur parti : dans un entretien publié mercredi 6 août par Le Nouvel Observateur, Jean-Michel Baylet, patron du Parti radical de gauche, indique que les trois ministres que compte son mouvement étaient prêts à démissionner si leur voix n'était pas entendue au sujet de la réforme territoriale.

Un désaccord "grave et profond"

Adopté par les députés le 23 juillet, le texte de la réforme territorial doit maintenant être examiné une seconde fois par le Sénat. Il devrait y rencontrer l'opposition de Jean-Michel Baylet, qui parle d'un désaccord "grave et profond" avec le gouvernement.

Il estime que la réforme a été menée "dans la précipitation et en dehors de toute concertation utile et réelle", se faisant le porte-parole des élus locaux, des fonctionnaires territoriaux et des populations "qui ont quand même leur mot à dire". Baylet en profite pour tacler le président de la République, dont les "amitiés personnelles" auraient empêché le rapprochement entre la Bretagne et les Pays de la Loire.

Des inquiétudes sur le maintien des conseils généraux

Sur le fond, les radicaux de gauche réclament surtout "le maintien du conseil général dans les départements ruraux". A l'automne, le Parlement devrait en effet être saisi du deuxième volet de la réforme, visant notamment à renforcer les compétences des régions au détriment des départements et de leurs conseils généraux. Ce qui ne veut pas dire que leur existence même est menacée : ils "jouent un rôle important pour la cohésion sociale" avait tempéré le Premier ministre Manuel Valls le 3 juillet, assurant que le gouvernement serait "attentif" aux propositions du Parlement sur les territoires ruraux.

Autre motif d'inquiétude pour Baylet : au sein des nouveaux conseils régionaux, les petits départements pourraient n'être représentés "que par un ou deux conseillers régionaux", et ainsi perdre de leur poids.

Une menace déjà brandie en juillet

Ces revendications sont peu étonnantes de la part du Parti radical de gauche, une formation dont les élus viennent principalement des territoires ruraux. Elle compte d'ailleurs autant de sénateurs que de députés (10 chacun), sénateurs qui sont désignés par un collège électoral composé en bonne partie des conseillers généraux qui craignent aujourd'hui de voir leur poste disparaître. 

Et ce n'est pas la première fois que les radicaux menacent de quitter le navire : le 1er juillet, Jean-Michel Baylet expliquait déjà que le comité directeur du PRG avait "donné mandat de sortir du gouvernement" aux trois ministres et secrétaires d'Etat du parti, présents lors du vote, si le dossier de la réforme territoriale n'avançait pas. Mais à l'époque, ses revendications étaient plus importantes, puisqu'il demandait que le texte soit soumis à un référendum.

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