Affaires Nicolas Hulot et PPDA : des victimes reprochent à Emmanuel Macron de les placer "du côté des inquisiteurs"

Dans une tribune publiée par "Le Monde", quatorze femmes répondent au chef de l'Etat qui a déclaré début décembre ne pas vouloir "d'une société de l'inquisition". 

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France Télévisions
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Emmanuel Macron en Arabie Saoudite, le 4 décembre 2021.  (THOMAS SAMSON / AFP)

"Quel est le rapport entre nos récits et l'Inquisition ?" Dans une tribune publiée mercredi 8 décembre dans Le Monde (article payant), quatorze femmes ayant mis en cause Patrick Poivre d'Arvor et Nicolas Hulot pour des faits de harcèlement, d'agressions sexuelles et de viol, prennent la plume pour dénoncer de récents propos d'Emmanuel Macron.

Mercredi 1er décembre, lors du Conseil des ministres, Emmanuel Macron avait réagi après les accusations de plusieurs femmes visant son ex-ministre de la Transition écologique. "Nous n'accepterons jamais une société de l'opacité ou de la complaisance. Et nous ne voulons pas non plus d'une société de l'inquisition", a notamment déclaré le chef de l'Etat.

Cette référence à l'Inquisition ne passe pas. "Vous nous mettez du côté des inquisiteurs, figures honnies de la mémoire collective, représentants des pires atrocités du passé. Nos récits porteraient en germe ces tribunaux de l'horreur et de l'injustice", dénoncent les signataires.

"Une pièce de plus dans la machine à taire"

"Nous avons dit nos hontes les plus intimes, exposé nos larmes ravalées, expliqué nos silences imposés ou nos récits négligés. Ces témoignages ont été, pour beaucoup d'entre nous, difficiles et coûteux", poursuivent-elles.

"Nous n'avons rien d'autre à gagner que de dire un vérité, même dérangeante, et d'éclairer le pays sur le traitement des violences sexuelles, sur l'usage que font certains hommes de leur pouvoir, sur les complaisances qui les y autorisent, sur l'impunité dont ils jouissent."

Les signataires de la tribune

dans "Le Monde"

Elles regrettent qu'Emmanuel Macron agite "la menace inquisitoriale" et mette ainsi "une pièce de plus dans la machine à taire". "Nous ne sommes pas les bourreaux, monsieur le président de la République. Pourquoi faisons-nous si peur ?" concluent-elles.

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