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Municipales à Paris en 2014 : la peau de banane de Copé à Fillon

En pressant l'ex-Premier ministre de mener la bataille des municipales à Paris en 2014, Copé espère pousser à la faute son rival pour la présidence de l'UMP.

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Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, et l'ancien Premier ministre, le 4 septembre 2011 au campus de l'UMP à Marseille (Bouches-du-Rhône). (WITT / SIPA)

SUCCESSION A L'UMP - La mairie de Paris peut-elle retomber dans l'escarcelle de la droite en 2014 ? A un an et demi de l'échéance, rares sont, à l'UMP, celles et ceux qui veulent croire que oui. Alors que le socialiste Bertrand Delanoë, maire depuis 2001, cède son fauteuil, et que sa première adjointe Anne Hidalgo doit annoncer officiellement mercredi 5 septembre qu'elle brigue sa succession, la droite parisienne, elle, se cherche toujours un chef.

Pire, en marge de la bataille qui oppose François Fillon et Jean-François Copé pour la présidence de l'UMP, la fédération parisienne est en proie à une véritable bagarre entre fillonistes et copéistes. Dernier coup bas en date aux yeux des partisans de l'ex-Premier ministre : le fait que Copé ait déclaré, dimanche 2 septembre, qu'il "souhaitait" que Fillon soit le candidat de l'UMP à Paris en 2014. 

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Si Jean-François Copé souligne que son adversaire pour la présidence de l'UMP "est à l'évidence le mieux placé" pour mener cette bataille, il sait aussi pertinemment que les sondages pronostiquent une victoire d'Anne Hidalgo face à François Fillon. Selon une dernière enquête Ifop publiée dimanche 2 septembre, 55% des Parisiens souhaitent une victoire de la gauche en 2014. 

Le secrétaire général de l'UMP sait donc qu'il a tout à gagner en mettant la pression sur Fillon : si l'ancien Premier ministre accepte sa proposition, il prend le risque d'être battu par Anne Hidalgo et donc de perdre de précieux points avant la ligne droite vers 2017 ; s'il refuse, il donne l'image d'un homme politique peu courageux, qui n'ose pas relever le défi de la mairie de Paris pour préserver sa carrière personnelle. "S'il déclare qu'il est candidat à Paris en 2014, il risque aussi de se couper des militants en province : l'adhérent dans la Creuse, il va se dire que sa campagne à Paris va nuire à sa mission de président de l'UMP", observe le député parisien Bernard Debré, qui déplore "le piège" dans lequel Fillon est poussé par Copé

Le camp Fillon dénonce "un croche-pied" de Copé

Egalement proche de l'ex-Premier ministre, le patron de la fédération UMP de Paris, Philippe Goujon, dénonce sur Le Monde.fr "un croche-pied" de la part de Jean-François Copé (article payant). Contacté par FTVi, il se demande si Copé fait cette proposition "en tant que candidat à la présidence de l'UMP ou en tant qu'actuel secrétaire général", et dénonce "une regrettable confusion des rôles". "Pourquoi décide-t-il subitement et unilatéralement que Fillon doit être candidat à Paris ? Et dans ce cas, pourquoi ne dit-il rien sur Marseille, sur Lyon ou sur Lille ?", s'agace le député-maire du XVe arrondissement.

Le jeune copéiste Pierre-Yves Bournazel, élu parisien et secrétaire national de l'UMP, concède que "les jeux de billards à plusieurs bandes mènent toujours à l'échec". Façon de reconnaître implicitement que la proposition de Copé à Fillon n'est pas franchement amicale. "Mais François Fillon doit sortir de l'ambiguïté, ne serait-ce que pour permettre à la droite parisienne de s'organiser. Et il y a du chemin !", ajoute Bournazel, qui estime que "pour l'instant, l'UMP à Paris n'incarne rien, n'a aucune idée forte et accuse un vrai retard sur la gauche".

Un avis que partage Bernard Debré. Dans un constat sévère qu'il dresse sur son blog, le député filloniste juge que "la droite parisienne n'existe pas. Minée par ses divisions, incapable de s'entendre, sans aucun candidat naturel ou charismatique, mais surtout sans aucun projet à un an et demi des élections à Paris. Nous sommes vraiment la droite la plus prétentieuse et la plus bête. Je dirais même la plus égoïste et la moins travailleuse", enfonce celui qui, joint par FTVi, promet de tout faire pour "éviter que Paris ne soit une victime collatérale de la bataille Copé-Fillon"

Une primaire ouverte pour désigner le candidat ?

Pour sortir de cette impasse, Philippe Goujon propose que tous les Parisiens puissent choisir leur candidat, à travers l'organisation d'une primaire ouverte à l'été 2013. Une option qui semble emporter l'adhésion des copéistes commes des fillonistes. "Encore faut-il que nous ayions des choses à dire, des propositions à faire, persifle Bernard Debré. Car dans l'état actuel des choses, sans projet, sans candidat, il ne faut même pas espérer gagner la mairie de Paris dans un an et demi !" 

Qui sera le favori pour assumer cette lourde tâche, si François Fillon décide de concentrer ses efforts sur une autre mission ? Les noms sont nombreux. Ceux de Rachida Dati, de Chantal Jouanno et de Pierre Lellouche sont souvent cités. Celui de Jean-Louis Borloo revient régulièrement. Celui de Valérie Pécresse n'est pas écarté. "Nul doute que pour nous mener dans le mur, les candidats seront nombreux", grince déjà, dépité, un élu copéiste.

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