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Au conseil national du PS, Jean-Marc Ayrault tente de rassurer ses troupes

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a tenté de rassurer sa majorité, divisée sur les questions économiques et sur les mesures annoncées pour moraliser la vie publique. 

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Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, lors du conseil national du PS à Paris, samedi 13 avril. (FRED DUFOUR / AFP)

Exercice délicat pour Jean-Marc Ayrault, lors du conseil national du PS, samedi 13 avril. Face à 300 cadres du PS et plusieurs ministres, le Premier ministre a tenté de rassurer sa propre majorité, chamboulée par les orientations économiques adoptées et les mesures annoncées pour "moraliser la vie publique". Francetv info revient sur les grandes questions du congrès.

La moralisation de la vie publique, contre "l'opacité"

Le climat pesant au Parti socialiste depuis l'affaire Cahuzac ébranle également la direction du Parti socialiste. Alors que l'exécutif est de plus en plus impopulaire dans les sondages, Jean-Marc Ayrault a répété que la détention d'un compe occulte par Jérôme Cahuzac est la faute d'un homme seul.

Puis il a défendu les annonces de François Hollande afin de "moraliser la vie publique", dont la publication du patrimoine des parlementaires, contestée au sein même de sa majorité. "J'entends dire que la publication des patrimoines aurait pour conséquence la montée du populisme. Je crois tout l'inverse", a lancé le Premier ministre. "C'est de l'opacité que se nourrit le populisme parce que l'opacité est la porte ouverte à tous les fantasmes".

La liste des activités professionnelles interdites aux parlementaires doit être revue, afin de"prévenir tout conflit d'intérêts"Une évidence, selon le Premier ministre. "Il n'y a pas de grande démocratie au monde pour accepter que le président d'un groupe ou d'un parti puisse cumuler cette mission avec celle d'avocat d'affaires". Au passage, il a accusé la droite de "détourner l'attention" dans ce domaine.

Attaqué sur l'austérité, Jean-Marc Ayrault prône "l'action" 

Jean-Marc Ayrault a défendu sa politique économique, contestée ces dernier jours par des ministres de son gouvernement, dont Cécile Duflot, Benoît Hamon ou Arnaud Montebourg, qui a dénoncé la politique d'austérité insufflée par Bruxelles, dans un entretien auMonde, mardi 9 avril. Et trente députés réunis au sein d'un nouveau courant, Gauche populaire, ont lancé vendredi un appel "contre l'austérité qui conduit aux populismes", réclamant une confrontation avec la chancelière allemande Angela Merkel.

"J'entends que ce ne serait pas assez mais ce n'est jamais assez ! Qui peut-croire que c'est assez quand tant de femmes et d'hommes cherchent du travail ?", a d'abord reconnu le Premier ministre. Avant d'inscrire son action lignée du Front populaire, de François Mitterrand et Lionel Jospin, et de justifier sa politique de réduction des déficits. A tout prendre, entre le confort de la contestation et le risque de l'action, je choisis l'action". Pas question, selon lui, de devenir "le Premier ministre du tournant de l'austérité". Mais il ajoute que c'est à l'échelle de l'Europe que la recherche de la croissance peut être menée.

La contre-attaque sur le mariage pour tous

Le Premier ministre s'en est pris aux dirigeants de l'UMP, au lendemain d'une nouvelle manifestation des opposants au mariage homosexuel. "La droite républicaine, celle de MM. Fillon et Copé, avait, croyait-on, tiré la leçon du Pacs", a ironisé Jean-Marc Ayrault. "Et pourtant, elle se laisse diriger par une Mme Barjot, qui pense qu'un vote du Sénat relève de la dictature, et Mme Boutin, (qui) profère les pires menaces sur la démocratie et la République". La veille, la présidente du Parti chrétien-démocrate a fait allusion à l'étoile jaune imposée aux Juifs pendant la seconde guerre mondiale, après le vote à main levée au Sénat.

Le dossier PSA s'invite, Jean-Marc Ayrault s'éclipse

Le Premier ministre a achèvé son discours lorsqu'une cinquantaine d'ouvriers de l'usine PSA d'Aulnay entrent dans la salle en clamant "le changement, c'est maintenant", slogan de campagne de François Hollande. Le Premier ministre s'est éclipsé et le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, a décidé de leur accorder la parole à la tribune.

Le représentant CGT de l'usine, Jean-Pierre Mercier, s'est exprimé à la tribune : "On est venu ici pour vous demander qu'on obtienne une bonne fois pour toutes ce médiateur, qui puisse mettre le poids du pouvoir politique, du gouvernement dans la balance". Avant de dénoncer le président du groupe automobile. "Vous avez vos menteurs, vos Cahuzac, nous on a M. [Philippe] Varin", accusé de "mentir" aux ouvriers "depuis un an et demi".

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