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Jean-Luc Mélenchon a su convaincre une partie du jeune électorat

Quel que soit son score le 22 avril, Jean-Luc Mélenchon restera "la révélation" de la présidentielle 2012. Éloquent, batailleur, énergique, il a su coaliser communistes, socialistes déçus et une frange des militants de l'extrême-gauche.
Article rédigé par Catherine Rougerie
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Les jeunes du FG se font entendre lors du rassemblement de la Bastille (paris), le 18 mars 2012. (AFP - François Guillot)

Quel que soit son score le 22 avril, Jean-Luc Mélenchon restera "la révélation" de la présidentielle 2012. Éloquent, batailleur, énergique, il a su coaliser communistes, socialistes déçus et une frange des militants de l'extrême-gauche.

Succès "sondagier" oblige, le "phénomène Mélenchon" a été scruté à la loupe.

Qu'en ressort-il ? Au-delà son positionnement politique, la personnalité du candidat du Front de gauche (FG) est un facteur clé. Selon une étude de l'Institut Ipsos datée du 15 mars, il est jugé dynamique, compétent et à même de tenir ses engagements par ses partisans.

Sont-ce ces mêmes qualités qui séduisent les jeunes "mélenchonistes" ? Nous sommes partis à leur rencontre et sans avoir valeur de sondages, les propos recueillis sont éclairants.

Visibilité et crédibilité

L'une des particularités de la campagne de Jean-Luc Mélenchon est qu'elle s'est jouée sur le terrain et la toile. A coup de webs séries, défis en ligne et autres appels à la mobilisation, les jeunes sympathisants du FG ont animé sur le web toute la montée en puissance du candidat.

Ils se sont aussi investis sur le terrain, notamment lors des meetings, pour accueillir les participants, répondre aux questions, prendre des contacts et engranger de nouveaux adhérents.

"Tous les samedis, on a fait du porte-à -porte", raconte un jeune militant à Lille. "Le retour à l'unité m'a donné l'espoir et l'envie. On est visible, nos propositions sont crédibles".

"Mon cœur est au NPA, mais il faut être réaliste, pour peser et agir, mon choix c'est Mélenchon", argue une récente ralliée, lors du meeting du candidat à Toulouse.

Ligne politique claire et assumée

Les propositions "très concrètes" de l'ex socialiste ont aussi fait mouche. "On est pour la VIème République. On ne veut plus que la présidentielle soit l'élection majeure", soutient Arnaud, jeune professeur de Sciences de la Vie et de la Terre (SVT).

"C'est le programme qui m'intéresse", poursuit le trentenaire, "la retraite à 60 ans à taux plein, le SMIC à 1.700 euros, l'embauche massive de fonctionnaires, la renationalisation d'un certain nombre de banques, le retour sur l''indépendance de la banque centrale européenne".

Autre raison de l'engagement, la "guerre" contre Marine Le Pen". "Depuis qu'on s'est bien attaqué au Front national, on sent un engouement", assure encore Arnaud, accompagné d'un ami de son quartier.

Long terme

Dopés par les sondages et les succès imposants de la Bastille, du Capitole ou du Prado, les jeunes mélenchonistes voient loin.

"On est pas là juste pour un coup. Nous, on vise le long terme", martèle Laurent, 31 ans. "C'est étonnant dans une société du zapping", poursuit ce roubaisien, employé au sein d'une coopérative. "Il y a une dynamique, une réelle participation, une forme de responsabilisation", ajoute-t-il.

Craint-il les "bisbilles" entre les différents partis au lendemain de la présidentielle ? "La richesse du Front du gauche vient des discussions entre nous", rétorque-t-il.

A condition que la pluralité ne débouche pas sur une scission.

Humour et pugnacité

Chez le jeune électorat, le style du candidat est aussi déterminant et si elle n'est pas citée de prime abord, la personnalité du candidat du FG ressort toujours au fil des discussions.

"C'est lui qui s'exprime le mieux sur la scène politique", affirme Hadrien, 19 ans, étudiant en musique. "Je l'ai vu dans l'émission "Des paroles et des actes' (sur France 2, ndlr), comment il s'exprimait, répondait...", se rappelle, un brin admiratif, le jeune lillois. "Son humour, sa répartie... c'est appréciable".

"J'espère qu'il passera devant Hollande. Hollande, ça ne me convient pas", martèle-t-il.

Il n'est pas le seul. Une partie des déçus du candidat socialiste ont déjà franchi le pas. Combien seront-ils le 22 avril au soir ?

Délicat à prévoir. D'autant que les lignes vont bouger "de manière inouïe", assure Jean-Luc Mélenchon.

Sa "botte secrète" : le grand rassemblement du FG, jeudi 19 avril, au Parc des expositions à Paris et retransmis en multiplex dans plusieurs villes. "Bien des choses peuvent se produire", écrit M. Mélenchon sur son blog.

"Nous sommes capables de recevoir un formidable coup de booster", conclut-il.

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