Remaniement : "Sans nouvelle majorité politique, je crains que rien ne bouge" en matière d'écologie, déplore Bruno Bernard

Pour le nouveau président écologiste de la Métropole de Lyon, la nomination vendredi de Jean Castex à Matignon n'est pas en mesure d'enclencher un virage écologique d'envergure. 

Les écologistes Bruno Bernard (à gauche) et Grégory Doucet (à droite) lors de la campagne des municipales, le 22 juin 2020, à Lyon.
Les écologistes Bruno Bernard (à gauche) et Grégory Doucet (à droite) lors de la campagne des municipales, le 22 juin 2020, à Lyon. (ANTOINE MERLET / AFP)

Le nouveau président écologiste de la Métropole de Lyon, Bruno Bernard, reste perplexe après la nomination de l'énarque ex-Les Républicains Jean Castex au poste de Premier ministre, en remplacement d'Edouard Philippe. "Sans nouvelle majorité politique malheureusement dans le pays, je crains que rien ne bouge" en matière d'écologie, s'inquiète-t-il samedi 4 juillet sur franceinfo.

Pensez-vous que Jean Castex est le bonne personne pour enclencher un virage écologique dans le gouvernement ?

Je crains que non. Nous avions un Premier ministre de droite, nous avons un nouveau Premier ministre de droite. Aujourd'hui, les premières déclarations qui sont faites, sur la concertation des territoires, ne peuvent pas nous convenir pour l'écologie. Le temps des discours, des commissions pour l'écologie, c'est terminé. Les solutions sont connues, il faut passer aux actes. C'est très simple. C'est par exemple, dans nos communes, dans nos villes, le développement des transports en commun. Le gouvernement a annoncé 400 millions d'euros pour les transports en commun, ça correspond à deux stations de métro. Si les propositions sont de faire deux stations de métro à l'échelle de la France, c'est se tromper. On a besoin de transports en commun qui nous permettent de nous déplacer plus vite, qui font gagner du pouvoir d'achat aux habitants, et qui réduisent la pollution dans nos villes. L'enjeu est là, il faut passer aux actes.

Jean Castex dit pourtant que l'écologie est au coeur de ses priorités. Est-ce que cela doit se refléter dans la nomination des ministres de son gouvernement ?

Ce n'est pas une question de casting. Moi, je n'attends rien de ce casting. C'est une question de propositions. Il faut un plan de lutte de 10 milliards d'euros pour aider nos collectivités pour les transports en commun, mais il faut aussi nous aider à la rénovation thermique des bâtiments. Dans la métropole de Lyon, nous allons isoler 10 000 logements par an. C'est bon pour le climat, ça diminue les émissions de gaz à effet de serre, c'est bon pour la facture énergétique des locataires et c'est 200 millions d'euros de travaux pour les entreprises du bâtiment. Donc, je souhaite que le gouvernement baisse la TVA sur ces travaux, qu'il aide par des sommes d'argent conséquentes, notamment les propriétaires les plus démunis, pour que ça puisse se faire. Les solutions sont connues. La Convention citoyenne les a rappelées, tout le monde les connaît. Ça fait dix ans qu'on les applique sur les territoires à petite échelle. Il faut aussi que le gouvernement prenne sa part et soutienne ces politiques.

Pour vous, même si un ou une écologiste entre au gouvernement, ça ne changera rien ?

Je ne crois pas. Vous savez, Nicolas Hulot, qui est un écologiste compétent et sincère, a essayé de travailler avec Emmanuel Macron et ça n'a pas du tout fonctionné. Il a dit en quittant le gouvernement que sur tous les dossiers importants, il n'avait pas pu avancer. Donc sans nouvelle majorité politique malheureusement dans le pays, je crains que rien ne bouge. Nous soulignerons toute avancée s'il en existe dans les semaines qui viennent. Nous jugerons non seulement aux propos, mais surtout aux actes. Aujourd'hui, il faut des actes et des budgets pour la transition écologique dans la justice sociale.