Remaniement : tous ces "petits signes" qui montrent que les "ajustements" sont en cours entre l'Elysée et Matignon

Le remaniement du gouvernement d'Elisabeth Borne est annoncé comme imminent, mais de nombreuses interrogations demeurent sur son ampleur et autour des portefeuilles de l'Education et de la Santé.
Article rédigé par Paul Barcelonne
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
La Première ministre Elisabeth Borne, lors d'une réunion à Matignon avec plusieurs ministres le 17 juillet 2023. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / POOL VIA AFP)

Une seule certitude : il est encore urgent d'attendre. Impossible, en effet, de dire quand le remaniement pressenti au sein du gouvernement sera annoncé officiellement, glisse-t-on dans les milieux autorisés. Mais il y a des "petits signes" qui ne trompent pas sur l'imminence des changements : les appels et réunions se multiplient depuis plusieurs jours entre l'Élysée et Matignon, à mesure que le remaniement du gouvernement d'Élisabeth Borne se précise. Autre signe manifeste : le traditionnel Conseil des ministres du mercredi matin a été annulé. 

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En début de semaine, le chef de l'État a confirmé Élisabeth Borne à son poste de cheffe du gouvernement, mais lui a demandé des "ajustements" dans son équipe. Et Emmanuel Macron a promis de s'exprimer devant les Français, dans les prochaines heures ou dans les prochains jours, sans que l'on sache encore la date ou la forme de cette intervention.

Avant le week-end

À l'Élysée, rien ne filtre pour l'heure sur le calendrier et les intentions du chef de l'Etat. Mais ces ajustements seront annoncés à coup sûr avant le dimanche 23 juillet, date du départ d'Emmanuel Macron en Nouvelle-Calédonie. On ignore toutefois la forme de l'annonce, par un simple communiqué de presse ou sur le perron de l'Élysée, pour un effet plus solennel.

Emmanuel Macron et Élisabeth Borne ont d'ailleurs prévu de se revoir le mercredi 19 juillet à 15h au Palais, mais à l'occasion du Conseil olympique et paralympique, consacré aux Jeux de Paris 2024. À ce stade, ils n'ont pas prévu d'échanger en tête-à-tête, du moins officiellement, selon les entourages. En parallèle, bien sûr, les consultations se poursuivent à grands renforts de coups de téléphone : chacun fait des listes de noms, dans les ministères et les pronostics vont bon train...

Enfin, mercredi soir, Emmanuel Macron ouvrira et animera le traditionnel pot de fin de session au ministère des Relations avec le Parlement de Franck Riester, comme il le fait habituellement. Mais ses phrases et allusions seront bien entendu particulièrement scrutées.  

Des "ajustements" pas si simples 

Un remaniement est souvent synonyme de casse-tête. Et Emmanuel Macron de le confier aux ministres, mardi soir, tous réunis lors d'un dîner : "Dans une vie antérieure, j’ai été à votre place, je sais que ces moments ne sont jamais agréables." Car, ici, c'est une lutte entre les subtilités politiques - pour contenter les Macronistes "pur jus", mais aussi les alliés - qui est en cours : François Bayrou et Édouard Philippe.

Il faut également prendre en compte la parité entre les femmes et les hommes, la répartition entre les régions, de façon à ne pas avoir que des ministres originaires de Paris, par exemple. La donne se complique encore avec les refus des uns et les hésitations des autres. Et si Élisabeth Borne voudrait un remaniement plus large pour entamer un nouveau cycle, Emmanuel Macron lui a donc préféré des "ajustements". Or, depuis plusieurs jours, ça coince autour du poste de ministre de l'Éducation nationale.

Autre détail qui peut prendre du temps : dans l'équation de ce remaniement, il y a aussi la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, qui vérifie que telle ou telle nomination ne créerait pas de conflit d'intérêt. Sans oublier que Bercy doit passer au tamis les déclarations fiscales des potentiels candidats à un portefeuille ministériel.

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