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Les négociations autour du projet de loi de finances pour 2023, premier gros chantier de l’exécutif

Le gouvernement fait sa rentrée mercredi, avec de nombreux dossiers brûlants sur la table. En particulier les négociations pour l'adoption du budget 2023 qui agitent déjà les oppositions.

Article rédigé par France 2 - Hugo Capelli, Julien Nény, Alexandre Peyrout et Olivier Siou
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Le président de la République, Emmanuel Macron, et la Première ministre, Elisabeth Borne, le 18 août 2022, au fort de Brégançon (Var). (CHRISTOPHE SIMON / POOL)

Ils ne sont pas encore de retour qu’ils sont déjà dans les starting blocks. Alors que le gouvernement reprend le chemin de l’Elysée pour un Conseil des ministres de rentrée, mercredi 24 août, les oppositions préparent une saison politique qui s’annonce sportive, notamment sur les discussions autour du budget. 

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Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’exécutif n’est pas franchement serein sur la question, car les oppositions sont déjà sur le pied de guerre. "Ça va batailler sévère dans l’Hémicycle, affirme déjà un parlementaire de La France insoumise. On va déposer le plus d’amendements possibles pour faire plier ce gouvernement."  

S’il ne trouve pas de majorité autour de son projet de loi de finance, indispensable au reste de sa politique, il n’aura pas d’autre choix que de passer en force, ce qui pourrait laisser des traces et crisper l’opinion. "Le véritable enjeu, c’est le budget : si on passe par le 49.3 et que la censure passe, c’est Armageddon !" s’inquiète un ministre influent. 

Gouvernement d'Élisabeth Borne : la rentrée en terrain miné de l'exécutif -
Gouvernement d'Élisabeth Borne : la rentrée en terrain miné de l'exécutif Gouvernement d'Élisabeth Borne : la rentrée en terrain miné de l'exécutif - (France 2)

Seule option dans ce cas, conclure des alliances, notamment avec Les Républicains. Et pour certains députés RN, ce pacte n’est même plus une éventualité. "LR va refaire le sketch du projet de loi de finance rectificatif : ne rien obtenir, si ce n’est du bricolage sur quelques mesures, pour justifier son vote. Sinon, ça veut dire dissolution, et ça, ça les tuerait." Un constat partagé par certains cadres du parti de droite. "Cet été, on a donné l’impression d’être en fusion- absorption avec le gouvernement, pas en opposition… La seule façon d’éviter ça, c’est de voter contre le budget", conseille un poids lourd des Républicains. 

Du côté de la Nupes, voter le budget n'est pas envisageable. "Il va y avoir une accélération de la politique ultralibérale avec le budget, peste un député de LFI. Assurance-chômage, RSA, retraites, le gouvernement va durcir le climat social et encore s’attaquer aux plus fragiles." 

De quoi alors rêver à un grand soir dans la rue ? Certains à gauche en sont convaincus. "Emmanuel Macron ne comprend pas ce qui se passe, là le climat social est plus que tendu, les gens ont la corde au cou, et il nous propose d’accélérer l’agenda libéral", abonde un autre député de La France insoumise. Une hypothèse que l'exécutif ne prend pas franchement au sérieux : "Je ne crois pas au bordel dans la rue à la rentrée: les gens ont envie de calme", explique un membre du gouvernement, insistant sur l’incertitude causée par la guerre en Ukraine et la crise Covid.  Le projet de loi de finance doit être présenté en Conseil des ministres, début octobre.

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