Vidéo Terrorisme : "L'Afghanistan n'est pas la Syrie", indique Gérald Darmanin, confiant mais prudent sur l'accueil des réfugiés

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Depuis la prise de pouvoir des talibans, la France a accueilli plus 2 800 Afghans sur le territoire national.

Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, s'est voulu rassurant mercredi 8 septembre sur France Inter concernant "les inquiétudes" et les risques d'attaques terroristes en France depuis la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan et l'accueil de plus 2 800 Afghans sur le territoire national. "L'Afghanistan n'est pas la Syrie", a-t-il insisté. "Premièrement parce que c'est plus loin, deuxièmement parce que les talibans sont un mouvement islamiste radical qui est en guerre avec d'autres mouvements islamistes et, troisièmement, parce que nous n'avons jamais eu de départs en dix ans de Français ou de ceux qui étaient en France pour l'Afghanistan. C'est un point essentiel, contrairement à la Syrie où les départs [pour le jihad] sont ou furent très nombreux", a expliqué le ministre de l'Intérieur.

Cinq Afghans "toujours sous surveillance"

Même si les situations sont "peu comparables", selon Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur est resté prudent. "En revanche, il peut y avoir des gens qui trouvent là l'occasion de se réveiller dans leur radicalité", a-t-il précisé. "Pour l'instant, les services de renseignements, à ma demande, surveillent ceux qui potentiellement peuvent passer à l'acte", a précisé le ministre de l'Intérieur. Actuellement, cinq Afghans "sont toujours sous surveillance" et font l'objet de mesures administratives de surveillance. "Ce qui veut dire que la DGSI [Direction générale de la sécurité intérieure] les surveille, surveille ce qu'ils font, surveille leurs réseaux et ils sont regroupés dans un endroit particulièrement surveillé."

Parmi eux, une personne fait l'objet d'une surveillance particulière, il s'agit "d'un taliban", qui a "permis de sauver manifestement des centaines d'Afghans enfermés dans l'ambassade de France dans des conditions sur lesquelles je ne m'étendrai pas, et des policiers français qui étaient également enfermés dans cette ambassade", a poursuivi Gérald Darmanin. "Nous avons fait notre travail", a estimé le ministre.

"L'intégralité des 2 800 Afghans que nous avons ramenés ont été fichés, criblés, des entretiens ont été faits avec chacun d'entre eux et sur ces cinq là, la surveillance continue de façon extrêmement serrée"

Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur

France Inter

Selon ses informations, un "petit millier de personnes", "des magistrats, des femmes qui portent la liberté des femmes en Afghanistan, tous ceux qui ont pu aider la France" et qui n'ont pas pu être évacués, se trouvent sur une liste "restreinte". Elles "pourraient être susceptibles d'être protégées par la France". "Si ces personnes viennent demander l'asile et qu'elles sont sur cette liste, évidemment, nous continuerons à les accueillir", a-t-il conclu.

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