Pour Marine Le Pen, la sortie de l'euro n'est plus une priorité du Front national

Ce changement de discours s'inscrit dans la lignée de la "transformation" souhaitée par de nombreux adhérents du parti frontiste à l'issue de la défaite de sa candidate au second tour de l'élection présidentielle.

Marine Le Pen répond aux questions des journalistes à Carpentras, dans le Vaucluse, le 8 octobre 2017.
Marine Le Pen répond aux questions des journalistes à Carpentras, dans le Vaucluse, le 8 octobre 2017. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

"Dans de nombreux domaines, on peut améliorer la vie quotidienne des Français sans quitter l'Europe ni l'euro." Cette phrase, signée Marine Le Pen, marque un revirement de taille dans le discours de la présidente du Front national. Interrogée dans l'édition à paraître jeudi 12 octobre du magazine Valeurs actuelles, la candidate malheureuse à l'élection présidentielle prône désormais davantage un "bras de fer" avec l'Union européenne, qu'une rupture.

En guise de sujet phare, la députée du Pas-de-Calais cite notamment l'éducation, la sécurité, les impôts, la défense des TPE-PME, mais aussi "les barrières non tarifaires et la sortie de Schengen".

Un Front national en pleine "transformation"

En mars dernier, Marine Le Pen déclarait qu'"à peu près 70%" de son projet ne pourrait être mis en œuvre dans le cadre de l'UE sous sa forme actuelle et de la monnaie unique. Mais le discours a évolué après la défaite de mai et l'engagement d'une "transformation" du parti pourrait aboutir à un changement de nom mais aussi à une refondation idéologique, en particulier sur l'épineuse question européenne.

Plusieurs dirigeants frontistes estiment en effet que cette ligne anti-euro avait coûté la victoire à leur candidate, blâmant Florian Philippot, ex-numéro deux du parti et désigné comme responsable de cette position. Les débats au sein du parti ont provoqué des tensions qui ont contribué au départ, le mois dernier, de l'ex-vice président. 

La formation avait déjà entamé son virage en juillet dernier en arrêtant une nouvelle position officielle lors d'un bureau politique : en cas d'arrivée au pouvoir, Marine Le Pen ne rendrait à la France sa "souveraineté monétaire" qu'à la fin d'un processus courant sur l'ensemble du quinquennat.