Le FN est mis en examen dans l'enquête sur son financement

Les juges soupçonnent la mise en place d'un système de surfacturations lors des législatives de 2012. Ce système aurait permis un enrichissement aux dépens de l'Etat qui rembourse les dépenses de campagne.

La présidente du Front national, Marine Le Pen, le 9 septembre 2015.
La présidente du Front national, Marine Le Pen, le 9 septembre 2015. (CLAUDE TRUONG-NGOC / CITIZENSIDE.COM / AFP)

Le Front national a été mis en examen, mercredi 9 septembre, pour recel d'abus de biens sociaux et complicité d'escroquerie dans l'enquête sur son financement, a annoncé le trésorier du parti, Wallerand de Saint-Just, à sa sortie du bureau du juge.

Les soupçons portent sur un système de surfacturations

Dans cette enquête, les juges soupçonnent des responsables du parti d'extrême droite, d'une entreprise amie, Riwal, et du micro-parti Jeanne, géré par des proches de Marine Le Pen, d'avoir mis en place un système de surfacturations lors des législatives de 2012 et d'avoir escroqué l'Etat, qui rembourse les frais de campagne. Riwal et Jeanne ont déjà été mis en examen dans ce dossier, ainsi que six personnes dont le vice-président du FN Jean-François Jalkh.

L'enquête a été fragilisée à cause d'un vide législatif, car le délit d'acceptation par un parti politique d'un financement provenant d'une personne morale, initialement retenu, n'était plus puni par la loi. Cette faille avait échappé au législateur, au parquet de Paris et aux juges d'instruction. Par la suite, le parquet a donc pris un réquisitoire supplétif pour demander la mise en examen du Front national. "Nous montrerons que le parquet ne pouvait pas redemander une mise en examen pour les mêmes faits mais sous une qualification différente", a déclaré Wallerand de Saint-Just.