Affaire des assistants d'eurodéputés : le Front national de Marine Le Pen a "mis en place un système organisé frauduleux", selon un rapport de police

Les policiers de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales ont rédigé un rapport d'enquête auquel "Le Journal du dimanche" et France Télévisions ont eu accès.

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Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, s'exprime lors d'une commémoration à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), le 8 mai 2021. (SYLVAIN LEFEVRE / HANS LUCAS / AFP)

Le Rassemblement national (RN), appelé à l'époque Front national (FN), a, "par l'intermédiaire de ses cadres et dirigeants, mis en place un système organisé frauduleux de détournement des fonds européens à son profit, par le biais d'emplois fictifs d'assistants parlementaires". C'est ce qu'écrivent les policiers de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales dans un rapport d'enquête consulté par Le Journal du dimanche (article pour les abonnés) et auquel France Télévisions a également eu accès.

"Si elle remonte à l'époque où le FN était encore dirigé par son père, l'organisation mise au jour par l'enquête semble avoir pris toute son ampleur sous la présidence de Marine Le Pen, au lendemain des élections européennes de 2014", écrit Le Journal du dimanche. "Le JDD, organe officiel du pouvoir macroniste, ressort la même sempiternelle affaire des assistants parlementaires, comme à chaque élection", a réagi Marine Le Pen sur Twitter.

Dans cette enquête ouverte en mars 2015 et confiée fin 2016 à des juges d'instruction financiers du tribunal de Paris, environ 25 élus et assistants, dont la présidente du RN, son père, Jean-Marie Le Pen, et de hauts responsables du parti, sont mis en examen, la plupart pour "détournements de fonds publics". Les magistrats anticorruption soupçonnent le RN et ses dirigeants d'avoir "de manière concertée et délibérée" mis en place un "système de détournement" des enveloppes allouées par l'UE à chaque député pour rémunérer des collaborateurs parlementaires. Ces collaborateurs auraient travaillé en réalité pour le parti, lui permettant ainsi des économies sur ses salaires.

Le Parlement européen, partie civile, a estimé son préjudice à 6,8 millions d'euros dans cette affaire, qui a ensuite débouché sur des investigations distinctes portant sur les assistants d'eurodéputés du MoDem et de La France insoumise. Le RN, qui conteste tout détournement, a été mis en examen dans cette procédure, ouverte également pour "escroquerie en bande organisée" et "travail dissimulé".

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