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Florange : un désaveu pour Arnaud Montebourg ?

Le site d'ArcelorMittal ne sera donc ni temporairement nationalisé, ni repris par un éventuel investisseur. Jean-Marc Ayrault a douché vendredi soir les deux pistes évoquées par le ministre du Redressement productif ces derniers jours. Stratégie à double détente du gouvernement ou désaveu de Matignon pour le remuant Arnaud Montebourg ? Samedi le Premier ministre salue dans un communiqué l'action de Montebourg "qui n'a pas ménagé sa peine".
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
 (Benjamin Girette Maxppp)

L'accord trouvé entre le gouvernement et la direction
d'ArcelorMittal devrait avoir un goût amer pour Arnaud Montebourg. Le ministre
du Redressement productif n'a pas encore réagi à l'annonce du Premier ministre
: le site reste une propriété du groupe Mittal qui s'engage à investir 180
millions d'euros sur cinq ans et à ne pas opérer de licenciements secs. Un
accord qui s'accompagne de deux camouflets pour Arnaud Montebourg.

Le repreneur et ses 400 millions d'euros ? "Pas crédible"
pour Matignon

Mercredi dernier devant les députés, Arnaud Montebourg est
catégorique : "Nous avons un repreneur qui est un aciériste, un
industriel. Qui souhaite investir 400 millions d'euros dans cette installation
pour la rénover
". Le ministre du Redressement productif précise un peu
plus tard que deux candidats se sont fait connaître.

Réponse cinglante de Matignon ce vendredi soir au moment de
l'annonce de l'accord avec ArcelorMittal : "Il n'y avait pas de repreneur
crédible avec une offre ferme, avec un plan de financement bouclé
" pour le
site de Florange.

Une nationalisation temporaire du site ? "Pas
efficace" pour Jean-Marc Ayrault

L'idée d'une nationalisation temporaire du site de Florange avancée
Arnaud Montebourg a rencontré un certain succès ces derniers jours : Jean-Luc
Mélenchon, Henri Guaino, Jean-Louis Borloo, Michel Sapin ou Jean-François Copé ont
tous soutenu cette hypothèse. Sur France Info, le président contesté de l'UMP
estimait cette semaine que "la question n'est pas taboue ". A
Florange, plusieurs responsables syndicaux avaient salué l'idée. Seul Laurence
Parisot, la présidente du Medef, s'était opposée à la nationalisation.

Qu'à dit Jean-Marc Ayrault vendredi soir ? "Le
gouvernement n'a pas retenu l'hypothèse d'une nationalisation transitoire
"
à Florange, estimant qu'elle n'était "pas efficace " face "à un
problème de compétitivité
". Samedi, la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a tout de même déclaré que le gouvernement ne "renonçait pas à la nationalisation,  si jamais Mittal ne respecte pas ses engagements ".

Coup de bluff ? Désaveu ?

Le grand écart entre les prises de position d'Arnaud
Montebourg et l'annonce de Matignon n'a pas échappé aux syndicats. Dominique
Gillier, le secrétaire général de la fédération CFDT de la métallurgie,
s'étonne par exemple d'une "telle contradiction entre Bercy et
Matignon
".

Pour Edouard Martin, de la CFDT sur le site de Florange, la
chose est entendue : "le gouvernement nous a menti tout au long des
discussions pour faire croire que la nationalisation était acquise
". En
clair, les déclarations du ministre du Redressement productif auraient permis de
pousser Lakshmi Mittal a revoir sa position. Une source gouvernementale citée
par l'AFP ne dit pas autre chose : "On s'en est servis comme arme dans la
négociation
".

Montebourg "n'a pas ménagé sa peine" (Ayrault)

Et c'est ce que semble confirmer le Premier ministre samedi. Dans un communiqué, Jean-Marc Ayrault salue l'action de son ministre du Redressement productif "qui n'a pas ménagé sa peine " pour tenter de trouver une solution pour le site sidérurgique de Florange, "comme il le fait sur de nombreux dossiers ". Le chef du gouvernement souligne que les efforts d'Arnaud Montebourg ont contribué "à créer un rapport de forces favorable à la conclusion de l'accord ".

Autre son de cloche : "Montebourg désavoué par
Ayrault
" sur ses deux propositions. C'est la charge lancée par l'ancienne ministre UMP Nadine Morano.
Même réaction à gauche pour la sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann sur Twitter

De son côté, Jean-Claude Mailly regrette sur France Info que "les salariés soient pris en otage " de "la cacophonie du gouvernement ".

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