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Allemagne, Trump, réformes… Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Emmanuel Macron à "Ouest-France"

Boudant la traditionnelle interview télévisée dans les jardins de l'Elysée, le chef de l'Etat a accordé un entretien à "Ouest-France" et plusieurs journaux allemands, avant de présider le 19e Conseil des ministres franco-allemand.

Article rédigé par franceinfo
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Emmanuel Macron, le 12 juillet 2017 à Trieste (Italie). (ALES BENO / ANADOLU AGENCY / AFP)

Pour la première fête nationale de l'ère Macron, il n'y aura pas d'interview télévisée dans les jardins de l'Elysée. Le chef de l'Etat a préféré accorder, jeudi 13 juillet, un entretien à Ouest-France et aux journaux du groupe allemand Funke, avant de présider à la mi-journée le 19e Conseil des ministres franco-allemand, aux côtés d'Angela Merkel. Emmanuel Macron y détaille longuement sa vision des relations avec l'Allemagne et l'Europe, mais revient aussi sur la venue de Donald Trump à Paris et sur le rythme des réformes en France. Franceinfo résume ce qu'il faut retenir de cette interview.

Il estime que l'Allemagne "doit bouger"

Dans cette interview, Emmanuel Macron se prononce pour une zone euro qui ait "plus de cohérence, de convergence". Soulignant "les divergences" actuelles, il observe que les pays "qui étaient déjà endettés se sont retrouvés plus endettés" et que "ceux qui étaient compétitifs se sont retrouvés plus compétitifs". Dans son viseur, l'Allemagne : s'il "salue les efforts qu'elle a faits", le président français estime aussi qu'"une partie de la compétitivité allemande est due aux dysfonctionnements de la zone euro, à la faiblesse d’autres économies. Car la compétitivité est un concept relatif : on est compétitif par rapport à ses voisins", explique-t-il.

"Cette situation n’est pas saine parce qu’elle n’est pas durable", lâche Emmanuel Macron. Ainsi, l'Allemagne a selon lui "des responsabilités partagées pour donner à la zone euro le destin qu’elle mérite. Elle doit bouger, comme la France doit bouger."

Emmanuel Macron se prononce donc pour "des mécanismes de solidarité plus puissants pour l'avenir", qui passent selon lui par un "budget" de la zone euro, "un gouvernement qui décide de l'allocation de ce budget et un contrôle démocratique qui n'existe pas aujourd'hui".

Il justifie la venue de Trump à Paris

Critiqué pour avoir invité Donald Trump en grande pompe pour le défilé du 14-Juillet malgré de nombreuses pommes de discorde, Emmanuel Macron justifie l'invitation du président américain par la question sécuritaire.

"Nous avons un point de convergence qui est essentiel : la lutte contre le terrorisme et la protection de nos intérêts vitaux. Que ce soit au Proche ou Moyen-Orient et en Afrique, notre coopération avec les Etats-Unis est exemplaire. Ce sont nos premiers partenaires en termes de renseignement, en termes de coopération militaire, en termes de lutte conjointe contre le terrorisme. C’est aussi un partenaire historique", plaide le président. "C’est pour cela que j’ai invité Donald Trump pour le 14 juillet, pour célébrer l’entrée en guerre à nos côtés des troupes américaines il y a 100 ans, leur rendre hommage et célébrer une relation qui est incontournable dans le domaine de la sécurité", poursuit-il.

Il ne se prive pour autant pas de noter que "le monde occidental se fissure depuis l'élection" de Donald Trump, et évoque des "différends", en particulier "un désaccord sur le climat". "Je le regrette, je le combats, avec beaucoup de force", ajoute-t-il, promettant de faire "tout pour convaincre les villes, les Etats fédérés, les entrepreneurs américains de nous suivre. Les Américains seront de fait dans l'accord de Paris, que l'Etat fédéral le veuille ou non, grâce à cette mobilisation locale très forte".

Il veut "maintenir le rythme des réformes"

Interrogé sur l'accélération du calendrier des réformes, détaillé mercredi par le Premier ministre, Emmanuel Macron dit vouloir "maintenir le rythme pour conforter la confiance des Français et des investisseurs". "Les gens veulent voir des faits et les engagements pris respectés. Il faut donner des signaux clairs dès le début", explique-t-il.

Le chef de l'Etat en profite pour préciser les chantiers qu'il souhaite voir mis en œuvre en 2018. Après la réforme du Code du travail cet été, il veut que la "réforme de l'assurance-chômage et de la formation professionnelle" soient "négociées à l'automne-hiver, avec une loi d'ici début 2018". Viendra ensuite "la réforme des retraites, dont les orientations seront présentées au Parlement au premier semestre 2018" pour passer des 37 régimes actuels à "un régime beaucoup plus fort et stable". Il promet aussi une réforme de l'éducation pour qu'elle soit "mieux adaptée aux besoins".

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