Manuel Valls promet de "préserver" le budget de l'armée

Manuel Valls a coupé court aux menaces de coupes budgétaires qui planent sur la Grande Muette, en promettant que la loi de programmation militaire sera "préservée" des efforts financiers.

Manuel Valls salue un soldat à Dorlin (Guyane), le 8 mars 2013.
Manuel Valls salue un soldat à Dorlin (Guyane), le 8 mars 2013. (JODY AMIET / AFP)

Le budget de la Défense va-t-il être amputé ? Non, a promis Manuel Valls, vendredi 23 mai, assurant que la loi de programmation militaire sera "totalement préservée" des efforts financiers. Menacé de nouvelles coupes, ce budget est l'objet, depuis plus de dix jours, de controverses entre l'opposition et le gouvernement, mais aussi entre le Premier ministre et le ministre de la Défense.

Francetv info revient sur la polémique en cinq actes.

Acte 1 : Bertrand passe à l'offensive

Le 11 mai, l'ancien ministre UMP Xavier Bertrand met le feu aux poudres. Invité du Grand Rendez-vous sur i-Télé, Europe 1 et Le Monde, il accuse le gouvernement de préparer de nouvelles coupes de 1,5 à 2 milliards d'euros par an pendant trois ou quatre ans dans la Défense, pour atteindre les objectifs de son plan d'économie. Le député demande aussi à François Hollande et à Manuel Valls de "confirmer ou démentir officiellement" ces éventuelles coupes.

Acte 2 : Valls et Sapin contre-attaquent

Cinq jours plus tard, Manuel Valls promet de respecter la loi de programmation militaire adoptée en décembre, qui prévoit 190 milliards de crédits pour les armées françaises sur la période 2014-2019. Mais il n'exclut pas des "ajustements", sans préciser les montants envisagés.

Le ministre des Finances, Michel Sapin, lui, réagit deux fois à la polémique. "Les montants qui ont été annoncés n'ont rien à voir avec la réalité", déclare Michel Sapin, le 13 mai devant les députés. Puis, le 18 mai, il admet que les armées devraient consentir un effort, qu'il ne chiffre pas non plus. Mais dans le même temps, il assure aussi que la loi de programmation militaire sera respectée "dans ses équilibres globaux".

Acte 3 : Les chefs d'état-major menacent, appuyés par Le Drian

Les militaires s'attendaient à être rassurés par le chef de l'Etat, chef des armées, aussitôt après les déclarations de Xavier Bertrand. Mais rien n'est venu. Le 21 mai, Le Canard enchaîné affirme que les chefs d'état-major des trois armées (terre, air, marine) envisageraient de démissionner en bloc si le budget devait être encore rogné.

Le ministre de la Défense décide alors de prendre faits et causes pour l'armée. Jean-Yves Le Drian a sorti l'artillerie lourde : en posant jeudi dans Paris-Match à côté d'un canon de l'Hôtel des Invalides, le ministre affiche sa détermination à défendre les crédits de la défense menacés d'être amputés dans le cadre du plan gouvernemental d'économie de 50 milliards d'euros.

Et surtout, Jean-Yves Le Drian écrit une lettre à Manuel Valls. Dans une lettre adressée le 9 mai au chef du gouvernement, également adressé au ministre des Finances Michel Sapin, et que Le Figaro a obtenue, le ministre de la Défense signifie au Premier ministre sa très forte préoccupation face aux graves conséquences militaires, industrielles et sociales d'un coup de rabot supplémentaire dans le budget de l'armée. Dans sa lettre, qui ne concerne formellement que l'exercice 2014, le ministre de la Défense évalue à 355 millions d'euros les efforts à réaliser cette année.

Acte 4 : Hollande se pose en Casque bleu

Le chef de l'Etat finit par réagir. François Hollande "rendra ses arbitrages dans les prochaines semaines", indique l'Elysée vendredi. L'entourage du président de la République précise que la lettre de Jean-Yves Le Drian à Manuel Valls "s'inscrit dans le cadre de la procédure budgétaire".

Acte 5 : Valls reprend la main pour rassurer

Manuel Valls a choisi finalement de ne pas attendre les arbitrages du président. Avant de prendre un train pour Lyon, le Premier ministre a répondu aux inquiétudes et assuré que la loi de programmation militaire sera "totalement préservée" des efforts financiers. "Elle est essentielle pour nos armées, nos industries de défense et nos emplois", a-t-il expliqué.