Fiat s'impatiente et retire son offre de fusion avec Renault : "Nous assumons de nous donner le temps nécessaire", indique Bercy

Dans un mail adressé dans la nuit de mercredi à jeudi à franceinfo, le cabinet du ministre de l'Economie Bruno Le Maire a réagi après l'annonce du désengagement de Fiat-Chrysler du projet de fusion avec Renault.

Bruno Le Maire, le ministre de l\'Economie et des Finances, quitte le palais de l\'Elysée le 22 mai 2019.
Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie et des Finances, quitte le palais de l'Elysée le 22 mai 2019. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Le cabinet du ministre de l'Economie Bruno Le Maire a réagi après l'annonce du retrait de l'offre de fusion avec Renault de Fiat-Chrysler, dans un mail adressé dans la nuit de mercredi à jeudi 6 juin à franceinfo. Un retrait en raison du report du vote devant entériner le projet. D'abord prévu mercredi soir, il avait été demandé par Bruno Le Maire de le décaler à mardi prochain. Le ministre souhaitait s'assurer du "soutien explicite" de Nissan, partenaire de Renault. Une position que revendique le cabinet : "Nous assumons de nous donner le temps nécessaire et approprié pour travailler", précise ce document.

Le cabinet de Bruno Le Maire détaille à franceinfo que "lors du conseil, Nissan a expliqué qu'ils avaient l'intention de s'abstenir si un vote avait lieu ce soir." "Nous avons donc demandé un peu plus de temps, lit-on dans le mail adressé à franceinfo, et d’attendre la visite de Bruno Le Maire au Japon [à partir de vendredi pour le G20] pour poursuivre les discussions." Ensuite seulement, vote mardi. Mais FCA a décidé quelques minutes plus tard de retirer son offre."

À notre avis, il n’y a pas de bonne raison pour agir de manière aussi précipitée. Nous avions beaucoup progressé sur les quatre conditions énoncées par le ministre.cabinet de Bruno Le Maireà franceinfo

"Il y avait un accord de principe sur l'ensemble du paquet entre FCA et Renault (y compris le gouvernement) (…) mais le soutien de Nissan était important", poursuit le cabinet. Le cabinet défend la position de ses alliés japonais : "Nous avons juste suggéré de prendre le temps de parler davantage aux Japonais. L'attitude des Japonais est normale compte tenu des enjeux, de la quantité d’informations en cause, etc. Difficile de comprendre pourquoi FCA a décidé de se rétracter maintenant de manière si précipitée. A notre avis, il n'y avait aucune bonne raison de le faire."

Selon le cabinet, depuis le début, "FCA a mis une pression énorme sur le timing et a essayé de nous pousser à prendre ou à laisser. Nous avons clairement indiqué que nous ne serions pas soumis à une telle pression. C’est 100% normal qu’il faille du temps pour conclure un accord aussi massif. On assume de nous donner le temps nécessaire et approprié pour travailler".