Banlieues : des maires appellent au secours

Le plan Borloo sur les banlieues a été remis ce jeudi 26 avril au matin. France 2 est partie à la rencontre des maires et des élus qui s'y démènent. Ils nous font partager leur quotidien, leurs difficultés, leur désarroi.

FRANCE 2

Monsieur le maire a fait de ce lieu l'école de musique provisoire de sa ville : Grigny (Essonne), l'une des plus pauvres de France. Le bâtiment est une ancienne maternelle. 700 enfants y passent chaque semaine. La structure est complètement dégradée. "Je vous présente les seaux qui nous servent à récupérer l'eau de pluie par temps d'orage (...), les chiffons, qui nous servent aussi à éponger comme on peut", ironise le directeur.

"Nous sommes épuisés"

Cela fait dix ans qu'il reçoit les enfants de sa ville dans ces conditions, presque toujours des enfants de familles immigrées, que l'État lui demande d'accueillir. Le maire se demande combien de temps il pourra tenir. "La vie d'élu urgentiste de la République fait qu'on dure moins longtemps", explique Philippe Rio. Pas de lycée dans cette ville de banlieue de 30 000 habitants. Fort de ce constat, Philippe Rio a monté un centre de formation : une fierté. Chaque année, 500 jeunes adultes ressortent d'ici avec un diplôme. 75% trouvent un emploi durable dans la fibre optique. Mais l'État vient de lui couper les crédits de la politique de la ville. "Nous sommes épuisés, désespérés de devoir nous adapter constamment à des règles qui changent, à des réductions de crédit", s'insurge Philippe Rio. Les maires de banlieue attendent des moyens de l'État. Face à la crise, certains envisagent de démissionner.

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Le quartier de la Grande Borne à Grigny (Essonne), le 11 avril 2015.
Le quartier de la Grande Borne à Grigny (Essonne), le 11 avril 2015. (WINFRIED ROTHERMEL / PICTURE ALLIANCE)