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Venezuela : élection sous tension

Trois jours après la fin de la campagne électorale, près de 19 millions de Vénézuéliens votent dimanche. Poursuivre la "révolution" lancée par le président sortant, Hugo Chavez, ou changer radicalement de cap avec l'ex-gouverneur investi par l'opposition, Henrique Capriles. Dans ce contexte de fort clivage politique, les Vénézuéliens doivent trancher. Focus sur ce scrutin sous haute surveillance.
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Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
 (Sipa)

Toujours populaire malgré 14 années de pouvoir, Hugo Chavez joue dimanche son avenir politique face à un jeune candidat parvenu à fédérer l'opposition, Henrique Capriles. Le Venezuela a, pour l'occasion, multiplié les mesures de sécurité.

Une élection sous haute surveillance

Alors que des épisodes violents avaient éclaté durant la campagne, tuant notamment deux supporters de Henrique Capriles le week-end dernier, le département d'État vénézuélien a souligné qu'il surveillerait de près ces élections. Première mesure appliquée : la fermeture des frontières du pays avec le Brésil, la Colombie et le Guyana, "aux personnes et aux véhicules",  depuis samedi et jusqu'à la fin du scrutin, comme annoncé par le ministre de l'Intérieur Tareck El Aissami. 

Autre précaution, les quelque 13.800 centres de vote du pays ont été équipés de machines électroniques, considérées par toutes les parties comme un "rempart" contre la fraude. Par ailleurs, le port d'armes par des civils a été interdit depuis vendredi, et ce, jusqu'à lundi après-midi, tout comme la vente de boissons alcoolisées.

Pas moins de 139.000 militaires sont mobilisés pour assurer la sécurité du scrutin et les policiers, sous l'autorité de l'armée, ont été consignés dans les casernes.

Reconnaître la défaite

Mais dans un pays profondément divisé entre partisans et adversaires de l'actuel chef de l'État, l'incertitude demeure sur l'attitude du perdant de l'élection présidentielle et donc sur d'éventuelles violences post-scrutin. Malgré la signature d'un gage de bonne volonté, stipulant qu'ils reconnaîtraient les résultats proclamés par le Conseil électoral national (CNE), Hugo Chavez et Henrique Capriles se soupçonnent mutuellement de vouloir refuser une éventuelle défaite. 

Du côté chaviste, on redoute des revendications et des appels à la fraude quant à l'éventuelle victoire de Hugo Chavez. Les défenseurs de Henrique Capriles, symbole du capitalisme vénézuélien, redoutent eux une "guerre civile" ci le président sortant, dont la "révolution socialiste" est très
populaire parmi les classes les plus démunies, majoritaires dans le pays, venait à être délogé.

Et ces incertitudes n'ont cessé de croître tout au long de la campagne, le résultat
menaçant d'être plus serré que lors des trois précédents scrutins présidentiels. Même si la majorité des dernières études connues donne Hugo Chavez en tête, son opposant n'a cessé de réduire son écart dans les sondages en fin de campagne.

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