Un patron américain démissionne après une liaison avec une espionne russe

Sa maîtresse, Maria Butina, a été condamnée fin avril à 18 mois de prison pour avoir infiltré l'appareil politique américain à travers ses liens avec la NRA, le puissant lobby des armes.

Patrick Byrne, fondateur d\'Overstock, un site de commerce en ligne, le 15 mai 2019 lors de rencontres organisées à New York.
Patrick Byrne, fondateur d'Overstock, un site de commerce en ligne, le 15 mai 2019 lors de rencontres organisées à New York. (STEVEN FERDMAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Sa liaison avec une espionne russe qui avait séduit le gotha du lobby pro-armes pour infiltrer la politique américaine faisait trop de vagues. Patrick Byrne, le patron du site de commerce en ligne Overstock, n'a eu d'autre choix que de démissionner mercredi 21 août.

Sa maîtresse, Maria Butina, a défrayé la chronique. Inculpée pour "complot" en vue de "promouvoir les intérêts de la Russie", Maria Butina a été arrêtée en juillet 2018. Elle a été condamnée fin avril à 18 mois de prison par un tribunal de Washington pour avoir infiltré l'appareil politique américain à travers ses liens avec la NRA, le puissant lobby des armes.

Une convention libertarienne à Las Vegas 

Rien n'avait filtré de la liaison jusqu'à deux articles d'une journaliste de Fox News et un communiqué (en anglais), publié par Overstock le 12 août. Dans ce communiqué aux accents complotistes, Patrick Byrne affirme avoir collaboré activement avec les forces de l'ordre une fois qu'il s'est rendu compte qu'il y avait anguille sous roche. Le patron déchu y emploie l'expression de "Deep State", faisant référence à cette théorie du complot selon laquelle une coalition clandestine de bureaucrates contrôlerait les Etats-Unis.

Dans un entretien au New York Times, Patrick Byrne a confié qu'il avait rencontré la jeune espionne lors d'une convention libertarienne à Las Vegas (Nevada) et que son insistance pour rencontrer des membres de la campagne présidentielle de Hillary Clinton et Donald Trump lui a finalement mis la puce à l'oreille. "En juillet 2018, j'ai compris", confie le patron dans le communiqué du 12 août. Il dit avoir informé immédiatement un militaire de haut rang et un élu, puis le ministère de la Justice en avril.