VIDEO. Mathias Depardon : "On peut parler aujourd'hui de dictature en Turquie"

Le photojournaliste Mathias Depardon, détenu pendant un mois en Turquie, revient sur son périple dans un long entretien accordé, samedi, à France Inter.

France Inter

Le photojournaliste français Mathias Depardon, détenu pendant un mois en Turquie après avoir été arrêté pendant un reportage dans le sud-est du pays, est rentré vendredi 9 juin en France. Il a livré son témoignage en longueur, samedi 10 juin, sur France Inter.

Lors de cet entretien le photojournaliste revient sur les conditions de sa libération : "Je l’ai appris vendredi vers 13h, suite à la visite du sous-directeur du centre de rétention de Gaziantep, et j’ai été libéré du centre une heure après. J’ai du rédiger une lettre témoignant que je souhaitais être expulsé vers la France." 

"J'ai bu du Coca et de l’eau sucrée"

Au fil de l'interview, Mathias Depardon évoque l'attente au sein de centre dans lequel il était détenu et sa grève de la faim. "C’était un peu un coup de poker, c’était très difficile de déterminer si ça allait faciliter ou pas ma libération. Mais en tout cas ça m’a permis d’être actif, de prendre l’initiative dans cette détention. Psychologiquement, j’ai été très bien pendant cette semaine de grève, j’étais heureux avec moi-même d’entamer ce combat, je me suis très peu dépensé, j’ai bu du Coca et de l’eau sucrée". 

Un contexte tendu pour les journalistes 

Le Français rappelle qu'en Turquie le contexte est tendu : "on est en plein état d’urgence, on est dans une période post-référendum, où la presse étrangère a été très critique à l’encontre du régime Erdogan et de ses partisans".

Pour lui, son arrestation par les autorités trucs a été l'occasion "d’envoyer un message fort et clair aux journalistes étrangers et aux journalistes turcs qui souhaitent travailler dans le sud-est de la Turquie aujourd’hui, pour leur dire qu’ils ne sont pas les bienvenus".

Mathias Depardon, le 10 juin 2017.
Mathias Depardon, le 10 juin 2017. (France Inter)