"La prunelle de nos yeux" : à un mois de la présidentielle turque, les candidats chouchoutent la jeunesse pour capter les voix des primo-votants

Pour la première fois en 20 ans de pouvoir le président Recep Tayyip Erdogan n’est pas sûr de l'emporter. Dans un scrutin particulièrement disputé où chaque voix compte, les deux candidats à la présidentielle s’emploient à choyer les jeunes pour gagner leurs suffrages.
Article rédigé par France Info - Marie-Pierre Vérot
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Temps de lecture : 2 min
Le président turc Recep Tayyip Erdogan assiste au festival de la jeunesse universitaire organisé par la présidence de la branche jeunesse du parti AK à la Volkswagen Arena d'Istanbul, en Turquie, le 08 janvier 2023. (TURKISH PRESIDENCY / MURAT CETIN / ANADOLU AGENCY)

Capter les voix de la jeunesse, "gençler" en turc, c'est l'un des enjeux de la présidentielle qui aura lieu dans un mois jour pour jour, le 14 mai prochain, en Turquie. Le candidat d’opposition Kemal Kiliçdaroglu ouvre d'ailleurs une chaîne TikTok pour lui parler. À 74 ans, celui que certains surnomment papy, a entrepris depuis le début de sa campagne de s’adresser aux jeunes. Ils représentent plus d’un quart de l’électorat. "Je pense que c’est la première fois que l’on prend autant au sérieux les jeunes, explique Gulçin Erdi, chercheuse au CNRS, parce que la Turquie est un pays très jeune en premier lieu, et il y aura des primo-votants. Et il est très important de convaincre cet électorat qui votera pour la première fois. 

"C'est une génération AKP, ils ont grandi sous le pouvoir du parti de la justice et du développement. Ils n'ont pas vu autre chose jusqu’à présent. C'est réellement un enjeu très important de pouvoir convaincre cet électorat."

Gulçin Erdi, chercheuse au CNRS

à franceinfo

Plus de six millions de ces jeunes électeurs voteront pour la première fois. Pour les séduire l’AKP, le parti du président va dans les quartiers fêter les anniversaires de ceux qui ont 18 ans. Au début de l’année, Recep Tayyip Erdogan leur avait promis la campagne la plus verte qui soit. "Je vous salue chaleureusement. J'adresse mes sentiments les plus sincères à vous chère jeunesse, la prunelle de nos yeux, porteuse de notre avenir, clamait Recep Tayyip Erdogan. Nous avons envoyé une carte-postale à nos jeunes qui voteront pour la première fois le 14 mai. Nous avons préparé une application que vous pourrez télécharger grâce au code QR qui s'y trouve. Nous planterons un jeune arbre au nom de chacun de nos jeunes qui téléchargera l’application." Dans ce scrutin qui s'annonce particulièrement disputé, les sondages donnent pour l'heure Kemal Kiliçdaroglu, soutenu par une large coalition, légèrement en tête. 

L'opposition en pointe sur les promesses


Les promesses pleuvent des deux côtés. Allant d'annonce de gigaoctets gratuits, d'absence de taxes sur l’achat du premier téléphone ou du premier ordinateur, de bourses du travail, jusqu'à la fin du népotisme dans l’accès à la fonction publique. L’opposition apparaît d’ailleurs en pointe dans ses propositions. Et son candidat Kemal Kiliçdaroglu ne manque jamais dans ses meetings de s’adresser à la jeunesse turque. "Chers jeunes, je vous connais, je connais votre enthousiasme !, assure le candidat opposé à Recep Tayyip Erdogan. Je vous donnerai la liberté, soyez en sûrs ! Vos parents n’auront plus à s’inquiéter à cause d’un tweet que vous publierez ! Car ils sauront que désormais, la démocratie régnera dans ce pays ! Les services de sécurité ne viendront plus frapper à votre porte à 5 heures du matin. Ils sauront que désormais, dans ce pays, il y aura la liberté ! L’enjeu est aussi de redonner l’espoir à une jeunesse déprimée, qui cherche de plus en plus à quitter le pays.

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