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Selon les États-Unis, le régime syrien a bien utilisé des armes chimiques

Pour la première fois, la Maison blanche a été claire ce jeudi soir : le régime de Bachar al-Assad a utilisé des armes chimiques contre les rebelles. Le président Barack Obama avait parlé de "ligne rouge" franchie si jamais de telles informations étaient confirmées. Washington devrait augmenter son "aide non-létale" aux rebelles.
Article rédigé par franceinfo
Radio France
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  (Muzaffar Salman Reuters)

Un cran supplémentaire a été franchi. Après avoir soupçonné l'usage d'armes chimiques pendant le conflit syrien, mais sans savoir qui les avait utilisées, les États-Unis ont désormais la quasi-certitude que le régime a bel et bien franchi cette "ligne rouge " dont parlait il y a quelques semaines le président Barack Obama.

"Le recours à des armes chimiques viole les règles internationales et franchit clairement des lignes rouges qui existent depuis des décennies au sein de la communauté internationale" (Maison blanche)

Ben Rhodes, conseiller adjoint de Barack Obama à la sécurité nationale chargé des communications stratégiques l'a affirmé jeudi soir : les services sercrets américains et européens auraient réussi à démêler les informations en provenance de Damas. Selon Washington, entre 100 et 150 personnes auraient été tuées par des armes chimiques en Syrie, "bien que le bilan soit probablement incomplet ".. Le régime syrien aurait "utilisé des armes chimiques à petite échelle, notamment du gaz innervant sarin [...] contre l'opposition à de multiples reprises l'année dernière ".

Armer les rebelles ?

Ces nouvelles informations sont de nature à infléchir la politique américaine à l'égard de la Syrie. La Maison Blanche reconnaît que l'usage d'armes chimiques "change " l'équation. Washington serait désormais prêt à armer les rebelles en lutte contre le régime de Bachar al-Assad. Pas de précipitation cependant : "Nous prendrons des décisions à notre propre rythme " prévient la Maison blanche, parlant d'augmenter, pour l'instant, l'aide non-létale à destination des rebelles, parlant quand même d'assistance militaire différente "en termes de nature et d'échelle [...] par rapport à ce que nous fournissions avant ". Aucune décision en revanche sur l'établissement d'une zone d'exclusion aérienne dans le ciel syrien.

Wahington avait annoncé peu avant son intention de laisser en Jordanie, pays frontalier de la Syrie, des chasseurs de combat F-16 ainsi que des missiles Patriot, après des manoeuvres militaires. Quelque 2.400 Marines sont également sur place, arrivés à bord de trois navires amphibies.

En France, deux reporters du journal Le Monde avaient ramené des échantillons prouvant l'usage d'armes chimiques en Syrie. Ces échantillons sont en cours d'analyse.

Selon un nouveau bilan de l'ONU jeudi, le conflit syrien a fait près de 93.000 morts depuis mars 2011.

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