Russie : une chaîne régionale diffuse un clip anti-Poutine

Un clip anti-Poutine, diffusé par une chaîne de télévision de Tcheliabinsk, dans l'Oural, a pris de court ses téléspectateurs. Le tour de passe-passe est l’œuvre d’un collaborateur de la chaîne qui était en conflit avec l’administration régionale, selon les médias locaux. Il a été limogé.

Le portrait de la journaliste russe Anna Politkovskaïa, marquant le quatrième anniversaire de son assassinat, à Moscou, le 7 octobre 2010.
Le portrait de la journaliste russe Anna Politkovskaïa, marquant le quatrième anniversaire de son assassinat, à Moscou, le 7 octobre 2010. (NATALIA KOLESNIKOVA / AFP)
Les télépespectateurs de la chaîne privée Eastern Express s’attendaient à voir un reportage sur les scanners à l’hôpital. Ils ont vu à la place une vidéo à charge sur «l'ère Poutine».

Dans le document, une voix féminine grave déclare notamment que Vladimir Poutine a «attiré les critiques de toutes les organisations de défense des droits de l'homme vers la Russie» et tolère la corruption à «un niveau inimaginable». «Sous Vladimir Vladimirovitch (Poutine), la liberté d'expression, la liberté de réunion et la liberté en général ne sont pas du tout les bienvenues», ajoute la voix.

Voir la vidéo

Diffusé en plein bulletin d'informations, la vidéo fait également référence aux assassinats d'Anna Politkovskaïa, principale journaliste anti-Poutine, et de la militante des droits de l'Homme Natalia Estemirova, à la mort en prison du juriste Sergueï Magnitski et l'emprisonnement de l'ex-magnat du pétrole Mikhaïl Khodorkovski.

«La liberté n'est plus au rendez-vous, la corruption est d'une ampleur sans précédent et les fonctions au sein de l'Etat sont occupées par d'ex-agents du  KGB», ajoute le commentaire.
 
Le collaborateur de la chaîne à l’origine de l’incident a été limogé et pourrait être poursuivi pour «hooliganisme», ont rapporté des médias locaux. La chaîne, elle, s’est refusée à tout commentaire. Selon le site UralPolit.ru, la vidéo a été diffusée le 31 juillet 2013.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000, les grandes chaînes de télévision sont contrôlées par le pouvoir et ne diffusent que des informations positives sur l'homme fort du pays, contrairement à des médias en ligne qui le critiquent sévèrement.